(Genève) Les États-Unis ont marqué jeudi leur retour à l’OMS en s’engageant à remplir leurs obligations financières envers l’organisation, relançant ainsi la réponse internationale à la pandémie au moment où le variant britannique du coronavirus se propage dans le monde.

Agnès PEDRERO avec Indalecio ALVAREZ à Paris et les bureaux de l'AFP dans le monde
Agence France-Presse

Selon la nouvelle administration américaine, qui a annoncé dès mercredi son retour à l’Organisation mondiale de la santé, les États-Unis ont « l’intention de remplir leurs obligations financières envers l’organisation », a déclaré l’immunologue Anthony Fauci lors d’une réunion du conseil exécutif de l’agence onusienne à Genève.

À peine intronisé, le président américain Joe Biden a prévenu que son pays allait entrer dans « la phase la plus mortelle du virus », alors que le bilan aux États-Unis dépasse désormais celui des soldats américains tués pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le variant anglais du coronavirus continue de se propager dans le monde, touchant au moins 60 pays et territoires, et inquiète de nombreux États.

La première puissance mondiale déplore désormais 405 400 décès depuis le début de la pandémie. Pays le plus endeuillé en valeur absolue, les États-Unis sont aussi le pays le plus touché en nombre de cas (plus de 24,4 millions).

« Laisser de côté la politique »

Investi mercredi à Washington, Joe Biden a immédiatement ordonné le retour des États-Unis au sein de l’OMS, après le retrait décidé par son prédécesseur Donald Trump en 2020, et signé un décret rendant le port du masque et la distanciation physique obligatoires pour les fonctionnaires américains travaillant dans les bâtiments fédéraux.

« Nous devons laisser de côté la politique et affronter enfin cette pandémie en tant que Nation », a-t-il martelé.

Le variant britannique, beaucoup plus contagieux que ne l’était le virus SARS-CoV-2 originellement, continue de se répandre dans le monde : présent dans 50 pays au 12 janvier, il est désormais identifié dans 60 pays et territoires, selon l’OMS.  

Les autorités chinoises ont fait état mercredi de premiers cas à Pékin liés à ce variant. Le signal est particulièrement fort : la COVID-19 était apparue fin 2019 en Chine, à Wuhan (centre).  

Jeudi, un quartier résidentiel du centre de Shanghai était en cours d’évacuation après la découverte d’au moins trois cas de COVID-19, les premiers signalés dans la gigantesque métropole chinoise depuis début novembre.

Verrouillant des provinces entières, la Chine était parvenue dans les mois suivants à juguler l’épidémie sur son territoire, alors que le virus se répandait sur toute la planète.  

Pékin a annoncé mercredi le confinement strict de cinq résidences de Daxing, une banlieue du sud de la capitale, après la découverte de nouveaux cas. Ce confinement concerne quelques dizaines de milliers de personnes, soit une petite fraction des 21 millions d’habitants de la capitale.

Plusieurs centaines de malades ont été identifiés ces dernières semaines dans le nord et le nord-est du pays, où des millions de personnes ont été confinées ou doivent restreindre leurs mouvements.

Autres variants

Le variant sud-africain du coronavirus se diffuse lui plus lentement et est présent dans 23 pays et territoires, soit 3 de plus qu’au 12 janvier, a précisé l’OMS.

Mais il risque de poser un autre problème : plusieurs nouvelles études semblent confirmer que, contrairement au variant anglais, il risque d’échapper au moins partiellement à la protection espérée des vaccins contre la COVID-19.

L’OMS a aussi indiqué suivre la diffusion de deux autres variants apparus au Brésil, le P1, signalé dans l’État de l’Amazonas et détecté aussi au Japon sur quatre personnes venues du Brésil, et un autre variant.

Nouveau sommet des 27

À Manaus, dans l’État de l’Amazonas, les médecins sont frappés par la virulence de la deuxième vague, qui a débordé les hôpitaux, confrontés à une pénurie dramatique d’oxygène. « Quand l’ambulance arrive au domicile, le malade est déjà décédé », a dit le docteur Ruy Abrahim à l’AFP.

En Europe, les Vingt-Sept se retrouvent jeudi soir pour un nouveau sommet par visioconférence consacré à la lutte contre la pandémie, au moment où plusieurs pays, comme l’Allemagne, durcissent leurs mesures pour tenter de contrer la propagation des nouvelles souches.  

Riposte face aux variants, accélération de la vaccination et mise en place d’un certificat commun sont au menu des débats.

En Inde, un incendie s’est déclaré jeudi au Serum Institute of India, le plus grand fabricant de vaccins au monde, selon des images de la télévision locale, mais les médias ont précisé que la production de vaccins contre la COVID-19 n’était pas affectée.

Les chaînes de télévision indiennes montraient un énorme nuage de fumée grise au-dessus du site de Serum Institute of India, à Pune (ouest) où sont produites actuellement des millions de doses du vaccin contre le coronavirus Covishield, développé par AstraZeneca et l’Université d’Oxford.

Selon un décompte de l’AFP, 60 pays ou territoires, regroupant 61 % de la population mondiale, ont lancé leur campagne de vaccination.  Mais 11 pays concentrent 90 % des doses injectées.

En Europe occidentale, les retards de livraisons de Pfizer/BioNTech en Europe continuent de faire polémique. L’Italie compte prendre « dans les prochains jours » des actions légales contre le laboratoire Pfizer. Et le Danemark doit revoir à la baisse de 10 % ses objectifs de vaccination au premier trimestre.

La pandémie continuait aussi à provoquer des secousses politiques. Le premier ministre mongol a annoncé jeudi sa démission, au lendemain d’une manifestation dans les rues de la capitale Oulan-Bator qui dénonçait le traitement d’une jeune mère malade de la COVID-19 et de son nouveau-né.