(Bamako) Huit personnes blessées dimanche dans le centre du Mali lors d’une journée meurtrière au déroulé encore flou ont été prises en charge par l’ONG Médecins sans frontières (MSF), qui indique mercredi ne pas savoir s’il y a eu une ou deux attaques contrairement à un communiqué publié plus tôt.

Agence France-Presse

« On n’est pas sûrs qu’il y ait eu deux attaques, ou s’il y a eu des personnes (blessées) qui se sont déplacées (d’un village à l’autre) », a déclaré à l’AFP mercredi soir Juan Carlos Cano, chef de mission de MSF au Mali.

« En tout cas des personnes ont été récupérées à Bounti et à Kikara », a-t-il ajouté.

Un précédent communiqué de l’ONG faisait état de « bombardements sur les villages de Bounti et Kikara, dans le centre du Mali, le dimanche 3 janvier 2021 dernier ».

Le déroulé de la journée de dimanche dans le secteur de Bounti, dans le centre du Mali, qui a vu la mort de plusieurs personnes, reste très flou.

Deux événements distincts ?

L’armée française a affirmé que ses avions avaient éliminé des dizaines de djihadistes dans le secteur, tandis que des villageois rapportaient la mort de plusieurs civils après l’attaque d’un hélicoptère dans le village lors d’un mariage.

Les deux versions diffèrent tellement et l’indigence d’informations est telle dans la zone que l’hypothèse d’évènements concomitants dans le même secteur n’était pas exclue.

L’ONG Médecins sans frontière, très active dans la zone, a également rapporté que les personnes prises en charge « présentent des blessures par balles et des lésions dues à des explosions ».

L’état-major français avait expliqué à l’AFP mardi n’avoir mené qu’une seule frappe, vers 15 h GMT, dans le secteur où se trouvent les villages de Bounti et Kikara. Il n’avait mercredi pas détaillé la localisation exacte de la frappe, mais a affirmé ne pas avoir utilisé d’hélicoptère.

Les autorités maliennes ont quant à elles gardé le silence. Il n’y a que l’armée nationale et Barkhane pour opérer offensivement dans le ciel malien.

Région instable

La France vient de perdre coup sur coup cinq soldats tués au Mali par des engins explosifs improvisés, dont trois à Hombori, à une centaine de kilomètres à l’est de Bounti et Kikara.

Quant aux militaires qui ont pris le pouvoir en août à Bamako et promettent de le rendre aux civils, ils doivent montrer qu’ils sont capables de stopper la descente aux enfers en cours depuis des années.

La région de Mopti, où se trouve Bounti, à quelque 600 kilomètres de Bamako, est l’un des principaux foyers des violences parties du nord en 2012.