(Doha) Les négociateurs du gouvernement afghan sont arrivés mardi à Doha pour un second cycle de négociations avec les talibans après que Kaboul a accusé les insurgés de gagner du temps pendant que Washington retire ses troupes du pays.

Agence France-Presse

Les discussions de paix interafghanes, qui avaient débuté le 12 septembre dans un hôtel de luxe de Doha, n’ont à ce stade permis aucune percée notoire, même si les deux parties s’étaient finalement mises d’accord sur l’objet des prochains échanges lors de ce nouveau cycle d’échanges.

« Nous sommes arrivés à Doha il y a deux heures », a déclaré le porte-parole du groupe de négociateurs du gouvernement afghan, parti de Kaboul.  

On ne sait à ce stade quand les pourparlers allaient reprendre.

Les négociateurs de Kaboul plaident pour un cessez-le-feu permanent et pour le maintien du système de gouvernance actuel, qui avait été mis en place quand les talibans avaient été évincés du pouvoir par l’invasion emmenée par les États-Unis en 2001.

Mais le chef des renseignements afghans, Ahmad Zia Siraj, avait déclaré lundi penser que « les talibans prévoient de faire traîner les discussions jusqu’au retrait des forces américaines d’Afghanistan au mois de mai ».  

Nous ne voyons aucune intention ou volonté de paix chez les talibans.

Le chef du renseignement afghan, Ahmad Zia Siraj.

Les discussions interafghanes prennent la suite de l’accord entre les talibans et les États-Unis signé en février 2020, dans lequel les Américains s’engagent à retirer leurs troupes du pays d’ici mai.

L’envoyé spécial américain sur le conflit, Zalmay Khalilzad, a appelé à accélérer le rythme des pourparlers,  alors que Washington espère une avancée dans les négociations avant le départ du président Donald Trump de la Maison-Blanche le 20 janvier.  

Recrudescence des violences

« Les deux camps doivent montrer qu’ils agissent dans le meilleur intérêt du peuple afghan faisant de vrais compromis et en négociant un accord pour une solution politique le plus vite possible », a-t-il tweeté lundi.

Malgré les négociations, l’Afghanistan est en proie à une recrudescence des violences, les talibans ayant mené ces dernières semaines des attaques quasi quotidiennes contre les forces gouvernementales.

En 2020, les talibans ont perpétré plus de 18 000 attaques, selon Ahmad Zia Siraj.

Au cours des neuf premiers mois de l’année, 2177 civils ont été tués et 3822 blessés, selon la Mission d’aide des Nations unies en Afghanistan.