(Bruxelles) Plusieurs responsables européens ont appelé vendredi les États membres à se montrer solidaires pour permettre l’adoption d’un ambitieux plan de relance à même de sortir l’Union européenne de la grave récession provoquée par la pandémie de nouveau coronavirus.

Agence France-Presse

« Cette solidarité ne va pas de soi, elle n’est pas un dû. Elle demande des efforts et des compromis de la part de tous », a reconnu la présidente la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Son message vidéo, comme celui des autres responsables, a été diffusé par la Fondation Robert Schuman pour commémorer son appel lancé le 9 mai 1950, considéré comme le texte fondateur de la construction européenne.

Ursula von der Leyen a été chargée de présenter avant la fin du mois de mai un plan de relance. La France préconise que la Commission européenne puisse lever entre mille et mille cinq cents milliards d’euros sur trois ans pour permettre de financer les investissements nécessaires à la relance de l’économie européenne.

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La présidente la Commission européenne Ursula von der Leyen

Mais l’Allemagne, et plusieurs petits pays riches – Pays-Bas, Autriche, Finlande, Danemark et Suède – refusent d’accepter la mutualisation des remboursements préconisée au nom de la solidarité avec les pays les plus touchés par la pandémie et la récession.

Le président du Bundestag, l’ancien ministre des finances Wolfgang Schauble a toutefois plaidé dans son message pour « une initiative à l’échelle de l’Union afin de faire face solidairement, et en concertation étroite, aux conséquences massives de la pandémie sur l’économie et la société ».

« La solidarité est dans notre intérêt », a fait remarquer la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde.

Car « l’Europe est en danger, elle est fragile », a insisté le Français Michel Barnier, chargé de négocier la nouvelle relation entre l’UE et le Royaume-Uni après le Brexit.

« Face à cette crise nous avons de nouveau le même impératif : créer des solidarités de fait », a insisté la secrétaire d’État française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin.

Le président du groupe Renew au Parlement européen, le Roumain Dacian Ciolos a rappelé que contrairement à 1950, lorsque l’Europe pouvait s’appuyer sur le plan Marshall, « cette fois nous ne pouvons pas compter sur l’extérieur ».

« C’est une fois encore la coopération, la solidarité, la capacité d’agir ensemble, de partager les mêmes valeurs qui sera au cœur du succès européen », a insisté le président du Conseil européen, le Belge Charles Michel.

« On attend aujourd’hui qu’un acte aussi audacieux, aussi courageux que celui que fit Robert Schuman permette à l’Europe d’affronter ces défis », a lancé Jean-Dominique Giuliani, le Président de la Fondation.

« La politique est utile quand est elle courageuse et quand elle est courageuse elle peut changer les choses, et même changer le monde », a conclu le président du Parlement européen, le socialiste italien David Sassoli.