(Seibersdorf) De nombreux pays n’ont toujours pas assez d’équipements pour détecter rapidement le coronavirus, selon l’ONU, dont l’assistance a été réclamée par 200 laboratoires dans près de 120 États depuis le début de la pandémie.  

Agence France-Presse

« Certains laboratoires dans certaines régions n’ont pas le matériel nécessaire », a expliqué Giovanni Cattoli lors d’une visite organisée jeudi pour l’AFP dans les laboratoires dont il dirige l’une des unités en Autriche, les seuls que possèdent les Nations unies.

« Il y a un manque sur le marché international de quelques composantes, parce qu’il y a une forte demande dans le monde entier », a-t-il ajouté.  

Exploités par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), les laboratoires de l’ONU sont situés à Seibersdorf, à une quarantaine de kilomètres de Vienne.  

Ils développent la méthode de tests la plus souvent utilisée à travers la planète, la RT-PCR en temps réel, qui permet d’établir le diagnostic le plus précis possible en seulement quelques heures. Cette technique dérivée du nucléaire est pour l’instant uniquement utilisable en laboratoire.  

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Mais de nombreux pays ont encore besoin d’aide pour la mettre massivement en œuvre. Les substances nécessaires à la réalisation chimique des tests, « en particulier les réactifs », continuent de « faire l’objet d’une pénurie » critique et « on tente le maximum pour accélérer les achats tout en cherchant des réactifs alternatifs », a déclaré M. Cattoli.

En partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’AIEA forme des experts du monde entier à utiliser la RT-PCR et leur fournit du matériel. Elle a reçu des demandes émanant de 119 états membres pour équiper 200 laboratoires, selon Giovanni Cattoli.

La Bosnie-Herzégovine, la Lettonie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, le Maroc, le Nigeria, le Burkina Faso, le Kenya, le Sénégal, le Togo, le Lesotho, l’Iran, le Liban, la Malaisie, les Philippines, le Sri Lanka, la Thaïlande et le Pérou ont déjà réceptionné des tests financés par l’AIEA.

Pour cette dernière, il y a des leçons à tirer de la crise actuelle. « Nous ne devons pas nous fier à un seul type de test, mais nous doter d’un portefeuille de tests et de réactifs, afin d’être prêts à avoir un plan B et éventuellement un plan C, pour répondre efficacement et rapidement » à une nouvelle pandémie, juge Giovanni Cattoli.