Alors que le coronavirus — ou COVID-19 selon le nouveau nom qu’il vient de recevoir mardi — continue de faire des victimes en Chine et pousse la Thaïlande à refuser qu’un navire de plus de 2250 personnes sans symptômes puisse accoster, les experts de l’OMS croient disposer d’une « chance réaliste » d’enrayer sa propagation.

Nicolas Bérubé Nicolas Bérubé
La Presse

« Si nous investissons maintenant […], nous avons une chance réaliste de stopper cette épidémie », a déclaré le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse à Genève, où près de 400 scientifiques sont réunis pour établir un plan visant à combattre la propagation du virus.

Parallèlement, des voix s’élèvent afin de dénoncer la « paranoïa » de divers pays ayant recours à des quarantaines potentiellement mal exécutées comme mesure visant à stopper l’épidémie.

« Des images provenant de Chine montrent des gens confinés dans de grandes salles, comme des gymnases, et c’est très inquiétant, explique en entrevue Wendy Parmet, professeure de politique du droit de la santé à l’Université Northeastern, à Boston. C’est une recette pour une infection désastreuse. »

L’histoire nous enseigne que les quarantaines ne sont pas toujours efficaces, dit-elle. « Quand vous confinez des personnes qui ont le virus avec d’autres gens qui ne l’ont pas, vous sacrifiez ces gens, et vous créez des points chauds pour la propagation. »

Mme Parmet prend pour exemple les quarantaines annoncées sur des navires de croisière comportant des milliers de passagers. « C’est tellement draconien que vous découragez les autres passagers d’autres navires de rapporter les cas potentiels. »

Si le prix à payer est de rester prisonnier d’un navire pendant des semaines, vous allez y penser à deux fois avant de dire que quelqu’un à bord a des symptômes.

Wendy Parmet, professeure de politique du droit de la santé à l’Université Northeastern, à Boston

Mardi, un deuxième avion canadien ayant décollé de Wuhan, en Chine, avec 185 passagers à bord, s’est posé à la base des Forces armées canadiennes de Trenton, en Ontario. La semaine dernière, le Canada avait rapatrié 213 personnes qui souhaitaient quitter Wuhan, l’épicentre du nouveau virus.

La Thaïlande refuse un navire de croisière

La question des navires de croisière a continué à faire la manchette. Mardi, la Thaïlande a refusé aux passagers du navire MS Westerdam la permission de débarquer à Bangkok — même si aucun cas d’infection au COVID-19 n’a été recensé à bord.

« J’ai donné des ordres. L’autorisation d’amarrer a été refusée », a déclaré le ministre thaïlandais de la Santé publique Anutin Charnvirakul dans un message sur Facebook.

Le vice-ministre thaïlandais des Transports, Atirat Ratanasate, a quant à lui déclaré que même si le navire n’était pas autorisé à accoster, la Thaïlande « se fera un plaisir de [lui] fournir du carburant, des médicaments et de la nourriture ».

D’une durée de 14 jours, cette croisière a quitté Hong Kong le 1er février. Un total de 2257 personnes sont à bord, soit 1455 passagers et 802 membres de l’équipage.

Le MS Westerdam a déjà reçu l’interdiction d’amarrer au Japon, à Taiwan, aux Philippines et sur le territoire américain de Guam, suscitant des frustrations et des sentiments d’impuissance chez les passagers bloqués.

Dans le port de Yokohama, au Japon, le navire Diamond Princess, qui transporte 3700 personnes, est en quarantaine : les passagers sont confinés à leur chambre, tandis que l’équipage — dont 10 employés infectés par le COVID-19 — dort dans des dortoirs.

PHOTO CHARLY TRIBALLEAU, AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans le port de Yokohama, au Japon, le navire Diamond Princess, qui transporte 3700 personnes, est en quarantaine.

Trente-neuf nouveaux cas de contamination par le COVID-19 ont été détectés à bord du navire, a annoncé mercredi (heure locale) le ministre japonais de la Santé, ce qui porte le total des cas à 174.

Sur Twitter, le Dr Michael Mina, épidémiologiste à l’Université Harvard, a critiqué la gestion des autorités japonaises.

« La décision de garder les passagers et l’équipage sur le navire n’est plus éthique et est totalement inappropriée, a-t-il écrit. Dix membres d’équipage sont infectés et l’équipage ne peut pas s’auto-mettre en quarantaine, car ils logent ensemble. De toute évidence, le virus s’est transmis entre eux, ce qui fait courir à tous des risques inacceptables. »

Mercredi, 44 653 cas du COVID-19 avaient été rapportés en Chine, alors que le virus avait fait 1113 morts jusqu’ici. Ailleurs dans le monde, on rapporte plus de 470 cas dans une trentaine de pays et territoires.

— Avec la collaboration de l’Agence France-Presse

Nouveau nom : le COVID-19

Le coronavirus a obtenu mardi un nouveau nom officiel : le COVID-19. La nouvelle dénomination a été choisie par l’OMS de manière à être « facile à prononcer ». « CO » signifie corona, « VI » virus et « D » a été choisi pour « disease » (maladie en anglais). Le chiffre 19 indique l’année de son apparition, soit 2019.

— Agence France-Presse

Hong Kong

  • Plus d’une centaine de personnes ont été évacuées mardi d’une tour d’habitation de 35 étages à Hong Kong après la découverte d’un deuxième cas de
COVID-19 dans cette résidence, mais à un étage distinct. Les autorités s’interrogent sur une éventuelle contagion au travers de canalisations.

    PHOTO ANTHONY WALLACE, AGENCE FRANCE-PRESSE

    Plus d’une centaine de personnes ont été évacuées mardi d’une tour d’habitation de 35 étages à Hong Kong après la découverte d’un deuxième cas de
COVID-19 dans cette résidence, mais à un étage distinct. Les autorités s’interrogent sur une éventuelle contagion au travers de canalisations.

  • C’est en pleine nuit qu’une partie des habitants de Hong Mei House ont été invités à quitter cette tour appartenant à la résidence Cheung Hong Estate, sur l’île de Tsing Yi, au nord-ouest de l’île de Hong Kong.

    PHOTO ANTHONY WALLACE, AGENCE FRANCE-PRESSE

    C’est en pleine nuit qu’une partie des habitants de Hong Mei House ont été invités à quitter cette tour appartenant à la résidence Cheung Hong Estate, sur l’île de Tsing Yi, au nord-ouest de l’île de Hong Kong.

  • Des membres des services sanitaires en combinaison intégrale blanche étaient à pied d’œuvre mardi pour vérifier si l’épidémie s’était propagée davantage dans cette résidence abritant 3000 personnes.

    PHOTO ANTHONY WALLACE, AGENCE FRANCE-PRESSE

    Des membres des services sanitaires en combinaison intégrale blanche étaient à pied d’œuvre mardi pour vérifier si l’épidémie s’était propagée davantage dans cette résidence abritant 3000 personnes.

  • Les autorités hongkongaises se montrent extrêmement vigilantes quant aux nouveaux cas, du fait de l’extrême densité de population dans la mégapole de sept millions d’habitants.

    PHOTO ANTHONY WALLACE, AGENCE FRANCE-PRESSE

    Les autorités hongkongaises se montrent extrêmement vigilantes quant aux nouveaux cas, du fait de l’extrême densité de population dans la mégapole de sept millions d’habitants.

  • La majorité de la population réside dans des tours, lesquelles peuvent dépasser les 60 étages.

    PHOTO ANTHONY WALLACE, AGENCE FRANCE-PRESSE

    La majorité de la population réside dans des tours, lesquelles peuvent dépasser les 60 étages.

  • La mégapole reste traumatisée par le souvenir de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui y avait fait 299 morts en 2002-2003.

    PHOTO ANTHONY WALLACE, AGENCE FRANCE-PRESSE

    La mégapole reste traumatisée par le souvenir de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui y avait fait 299 morts en 2002-2003.

  • L’évacuation d’une partie des résidants
est une mesure de précaution après la découverte d’un cas au troisième étage
de la tour Hong Mei House. Or, l’appartement en question est situé dix étages en dessous de celui d’un homme qui avait été touché par le COVID-19.

    PHOTO ANTHONY WALLACE, AGENCE FRANCE-PRESSE

    L’évacuation d’une partie des résidants
est une mesure de précaution après la découverte d’un cas au troisième étage
de la tour Hong Mei House. Or, l’appartement en question est situé dix étages en dessous de celui d’un homme qui avait été touché par le COVID-19.

  • Par mesure de précaution, les habitants de tous les appartements de la tour situés exactement au-dessus et en dessous des deux touchés ont été évacués et devront suivre une quarantaine de 14 jours.

    PHOTO ANTHONY WALLACE, AGENCE FRANCE-PRESSE

    Par mesure de précaution, les habitants de tous les appartements de la tour situés exactement au-dessus et en dessous des deux touchés ont été évacués et devront suivre une quarantaine de 14 jours.

  • La secrétaire hongkongaise à la Santé, Sophia Chan, a indiqué que quatre résidants avaient été hospitalisés, car ils présentaient des symptômes similaires à ceux de la grippe. Mardi matin, un grand nombre de policiers et d’employés des services sanitaires demeuraient sur place.

    PHOTO ANTHONY WALLACE, AGENCE FRANCE-PRESSE

    La secrétaire hongkongaise à la Santé, Sophia Chan, a indiqué que quatre résidants avaient été hospitalisés, car ils présentaient des symptômes similaires à ceux de la grippe. Mardi matin, un grand nombre de policiers et d’employés des services sanitaires demeuraient sur place.

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— D’après l’Agence France-Presse