(Kiev) L’annonce mercredi par l’Iran du versement de 150 000 dollars à chacune des familles des 176 victimes de l’écrasement d’un avion de ligne ukrainien, abattu « par erreur » au-dessus de Téhéran, a été critiquée par Kiev qui a réclamé d’abord les conclusions de l’enquête.

Agence France-Presse

Les forces armées iraniennes avaient reconnu le 11 janvier dernier avoir abattu « par erreur » trois jours plus tôt le Boeing assurant un vol d’Ukraine International Airlines entre Téhéran et Kiev peu après son décollage, tuant 176 personnes à bord de l’appareil.

« Le cabinet a approuvé la mise à disposition de 150 000 dollars ou l’équivalent en euros (à verser) pour les familles et survivants de chacune des victimes de l’accident d’avion ukrainien dans les meilleurs délais », a annoncé mercredi la présidence iranienne, selon l’agence Irna.

« Cette compensation n’empêche pas la poursuite de l’aspect pénal de l’affaire devant l’Autorité judiciaire compétente », a-t-elle ajouté.

« Établir les causes de la tragédie et traduire en justice ceux qui en sont responsables doit être un important prérequis », a réagi un porte-parole de la diplomatie ukrainien, Oleg Nykolenko.

« La situation est particulièrement inacceptable dans la mesure où nous discutons du sort de personnes innocentes », a-t-il ajouté à l’AFP.

La diplomatie ukrainienne a dit toujours attendre « un projet de rapport technique » sur les circonstances de l’accident.

Plus tôt mercredi, le ministre iranien du Transport et du Développement urbain Mohammad Eslami avait indiqué que « le compte rendu final » du écrasement serait « bientôt » mis à la disposition du public « en persan et en anglais ».

« Le propriétaire de l’avion, l’Ukraine, et Boeing étaient présents pour l’enquête », a-t-il précisé, selon Irna.

L’écrasement a entraîné la mort des passagers et de l’équipage, en majorité des Iraniens et des Canadiens, pour beaucoup binationaux.

Une délégation ukrainienne s’est rendue en octobre à Téhéran pour une nouvelle série de discussions sur une compensation financière de la part de l’Iran pour l’écrasement.

Les Affaires étrangères iraniennes avaient alors indiqué que les négociations avaient porté notamment sur « l’indemnisation des familles et de la compagnie aérienne ».

En juillet, Kiev avait dit espérer la plus grande compensation financière possible afin d’alléger « la douleur et le deuil » des proches des victimes.

Le Canada, qui a perdu 55 ressortissants et 30 résidents permanents dans l’accident, avait réaffirmé en octobre sa volonté de « travailler sans relâche afin que les familles des victimes puissent obtenir les réponses qu’elles méritent ».

Le jour de l’écrasement, les défenses aériennes de l’Iran étaient en état d’alerte maximale par crainte d’une attaque américaine.

L’Iran s’attendait à une réplique de Washington après avoir attaqué une base utilisée par l’armée américaine en Irak, en riposte à l’élimination du général Qassem Soleimani, artisan de la stratégie régionale de l’Iran.

La direction de l’aviation civile iranienne a affirmé que le mauvais réglage d’un radar d’une unité antiaérienne avait été la principale « erreur humaine » à l’origine de la catastrophe.