(Bakou) L’Azerbaïdjan a annoncé jeudi la mort de 2783 de ses soldats dans les combats qui ont opposé pendant six semaines à l’automne les forces azerbaïdjanaises aux Arméniens dans la république autoproclamée du Nagorny Karabakh.

Agence France-Presse

« 2783 militaires des forces armées azerbaïdjanaises ont été tués dans la guerre patriotique », a indiqué le ministère azerbaïdjanais de la Défense, en ajoutant qu’une centaine d’autres étaient portés disparus.

Jusqu’ici, Bakou n’avait pas communiqué ses pertes militaires, fournissant uniquement le bilan des victimes civiles azerbaïdjanaises, soit 93 morts.

Pour sa part, l’Arménie a rapporté à la mi-novembre la mort de plus de 2300 de ses soldats dans le conflit pour le contrôle du Nagorny Karabakh. Il a également coûté la vie à 50 civils arméniens.

Environ 90 000 personnes, soit 60 % de la population du Nagorny Karabakh, ont fui cette enclave montagneuse pendant les combats.

Un accord du cessez-le-feu signé le 9 novembre entre Bakou et Erevan, sous patronage russe, a mis fin aux six semaines d’hostilités déclenchées le 27 septembre.

Cet accord a consacré la victoire de l’Azerbaïdjan et lui a accordé d’importants gains territoriaux, mais a permis la survie du Nagorny Karabakh, amoindri, et a vu le déploiement de 2000 soldats de la paix russes.

Cette région peuplée majoritairement d’Arméniens a fait sécession de l’Azerbaïdjan à l’issue d’une guerre dans les années 1990 qui a fait 30 000 morts.

En vertu de l’accord, l’Arménie s’est engagée à rétrocéder à l’Azerbaïdjan trois districts – Latchin, Aghdam et Kalbajar – qui formaient une zone tampon entourant le Karabakh et échappaient au contrôle de Bakou depuis 1994. La rétrocession a été achevée mardi.

Quatre autres districts ayant la même fonction avaient déjà été repris par Bakou au cours des six semaines de combats meurtriers.

Une grande parade militaire sera organisée à Bakou le 10 décembre pour célébrer cette victoire, selon les autorités azerbaïdjanaises.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, allié sans faille du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, se rendra en Azerbaïdjan le 9 décembre et est censé participer aux célébrations, selon la présidence turque.

En Arménie, l’accord du cessez-le-feu a été jugé catastrophique par un grand nombre d’habitants. Une partie de l’opposition a qualifié le premier ministre arménien Nikol Pachinian de « traître » et réclame sa démission.

Pour sa part, M. Pachinian affirme que l’accord a été signé à la demande de l’armée et des responsables séparatistes pour permettre à une grande partie du Nagorny Karabakh de subsister.