(Genève) Le chef de l’Organisation mondiale de la santé a salué vendredi la rapidité historique avec laquelle est menée la course aux vaccins contre le nouveau coronavirus, mais a demandé que toute « avancée scientifique » bénéficie à tous les pays.

Agence France-Presse

« Il ne fait aucun doute qu’un vaccin sera un outil essentiel pour contrôler la pandémie, et nous sommes encouragés par les résultats préliminaires des essais cliniques publiés cette semaine » par Pfizer et BioNTech, a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus à la clôture de l’assemblée annuelle de l’OMS.

Moins d’un an après que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre, les laboratoires américain Pfizer et allemand BioNTech ont fait état lundi d’un vaccin « efficace à 90 % » contre la COVID-19, selon les résultats préliminaires d’un essai encore en cours.

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Le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus

« Jamais dans l’histoire, la recherche sur les vaccins n’a progressé aussi rapidement », a souligné le directeur général de l’OMS.

Nous devons faire preuve de la même urgence et du même esprit d’innovation pour faire en sorte que tous les pays bénéficient de cette avancée scientifique.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, DG de l’OMS

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1,29 million de morts.

M. Tedros a indiqué vendredi que la pandémie a montré l’urgence de mettre en place un « système mondial de partage des agents pathogènes et d’échantillons cliniques, afin de faciliter le développement rapide » de traitements, vaccins et autres thérapies, qui seraient ainsi érigés en tant que « biens publics mondiaux ».

Dépôt mondial d’agents pathogènes ?

Le chef de l’OMS a souligné qu’un tel « système ne peut pas être basé sur des accords bilatéraux, et sa négociation ne peut pas prendre des années ».

« Nous proposons une nouvelle approche qui inclurait un dépôt » d’agents pathogènes « hébergés par l’OMS dans une installation suisse sécurisée », a-t-il avancé.

Il a ajouté que le partage des agents pathogènes et autres échantillons cliniques — que l’OMS pourrait faciliter — se ferait toutefois sur une base « volontaire » et selon certains critères à établir.

Les membres de l’OMS ont par ailleurs approuvé vendredi une résolution sur le renforcement de la préparation aux situations d’urgence sanitaire.

Dans la résolution, pleine de bonnes intentions, la communauté mondiale de la santé est invitée à « faire de l’amélioration et de la coordination de la préparation aux situations d’urgence sanitaire une priorité au plus haut niveau politique ».

Le texte leur demande aussi de continuer de développer les capacités de détection de maladies infectieuses, moyennant la pleine application du Règlement sanitaire international.

Cet accord international sur la sécurité sanitaire mondiale, approuvé en 2005 et entré en vigueur deux ans après, régule notamment la déclaration d’une urgence sanitaire de portée internationale, et comprend également des mesures particulières à mettre en applications dans les ports, aéroports et postes-frontières afin de limiter la propagation des risques.

Plusieurs voix se sont élevées remettant en cause l’efficacité de cet instrument face à la pandémie de COVID-19, estimant qu’il n’avait pas permis de prévenir la crise ni de la juguler.

Le chef de l’OMS, accusé par les États-Unis d’avoir trop tardé à déclarer l’alerte, a lui-même critiqué le caractère binaire restrictif du système actuel d’alerte internationale du RSI.

La résolution adoptée vendredi demande à M. Tedros d’étudier d’ici la prochaine assemblée annuelle de l’OMS si des « dispositifs complémentaires » seraient nécessaires pour qu’il avertisse la communauté internationale « de la gravité et/ou de l’ampleur d’une urgence de santé publique en vue de mobiliser l’aide indispensable et de faciliter la coopération internationale ».