(Londres) La Russie a été accusée jeudi par Londres, Washington et Ottawa de vouloir voler des recherches sur un vaccin contre la COVID-19, maladie qui continue de se propager dans le monde, notamment au Brésil et aux États-Unis, où l’on a encore battu un record de nouveaux cas détectés en 24 heures.

Sylvain PEUCHMAURD
Agence France-Presse

L’Espagne, qui a payé un lourd tribut à la pandémie, a pour sa part rendu hommage aux plus de 28 000 personnes décédées de la maladie sur son territoire, au cours d’une cérémonie empreinte d’émotion.

Plus de 13,6 millions de personnes ont contracté la maladie et au moins 585 750 décès ont été recensés dans le monde, selon un bilan arrêté jeudi à 19 h GMT. L’Italie a officiellement franchi jeudi la barre symbolique des 35 000 morts de la COVID-19.

En pleine course mondiale au vaccin, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada ont accusé les services de renseignement russes d’être derrière des attaques informatiques visant à s’emparer de recherches, une accusation vivement démentie par le Kremlin.  

Selon l’organisme gouvernemental britannique chargé de la cybersécurité, un groupe de pirates informatiques russes s’en est pris à des organisations britanniques, canadiennes et américaines.

Face à la recrudescence des contaminations et à la menace d’une deuxième vague, plusieurs pays d’Europe continuent de durcir les mesures sanitaires.

Résurgences en Europe

L’Allemagne, un des pays jusqu’ici les plus épargnés en Europe, a autorisé des mesures de confinement durcies au niveau local, avec « des interdictions de sortie » dans des zones géographiques limitées en cas de pic de contamination.

Une nouveauté dans ce pays qui avait jusqu’ici avait une définition assez souple des confinements reposant largement sur l’autodiscipline.

Mais les autorités craignent le retour des vacanciers, en particulier de ceux revenant des plages du pourtour méditerranéen. Les images des bars à bière de l’île espagnole de Majorque, remplis d’Allemands sans masque de protection, ont suscité les remontrances de plusieurs ministres, le chef de la diplomatie fustigeant les « comportements inconscients » de certains.

En France, où des foyers de contamination sont réapparus ces derniers jours, le port du masque sera obligatoire « dès la semaine prochaine » dans tous les établissements clos recevant du public, « en particulier les commerces », a déclaré jeudi le premier ministre Jean Castex.

L’Union européenne a retiré pour sa part jeudi le Monténégro et la Serbie de la liste des pays dont les voyageurs sont les bienvenus sur son territoire, revue tous les quinze jours.

En Espagne, les autorités suivent de près plus de 120 foyers actifs, en particulier en Catalogne (Nord-Est), autour de la ville de Lérida, où environ 160 000 habitants ont été reconfinés mercredi.

Le pays, qui a payé un lourd tribut, a rendu hommage aux plus de 28 400 personnes qui y ont succombé à la COVID-19, selon un bilan officiel qui en fait le septième pays le plus endeuillé au monde.

« Aujourd’hui, symboliquement, nous disons au revoir à des mères, des pères, des enfants, des frères, des amis », a déclaré Hernando Calleja, le frère d’un célèbre journaliste espagnol, José María Calleja, victime de la maladie.

« Nous n’oublierons jamais les victimes. Vous n’êtes pas seuls face à votre douleur », a lancé le roi Felipe VI, qui présidait la cérémonie, devant le Palais royal à Madrid.

L’épidémie progresse toujours en Amérique latine et aux Caraïbes, notamment au Brésil, qui a franchi jeudi le cap des deux millions de contaminations, le deuxième bilan le plus élevé du monde derrière les États-Unis, et se rapproche de celui des 80 000 morts.

« Deux millions c’est un chiffre symbolique, parce que nous n’avons pas de tests de masse », a déclaré à l’AFP Jean Gorinchteyn, infectiologue à l’Institut Emilio Ribas et à l’hôpital Albert Einstein de Sao Paulo. « Mais le chiffre réel est probablement quatre ou cinq fois plus élevé », a-t-il estimé.

La Colombie pour sa part a franchi jeudi le seuil des 6000 morts, et a connu son record quotidien de contaminations avec 8037 nouvelles infections.

Alerte en Asie du Sud

Les États-Unis ont battu un nouveau record de nouveaux cas détectés en 24 heures avec plus de 68 000 contaminations enregistrés jeudi. L’État de Floride, centre de l’épidémie dans le pays, a également rapporté jeudi son plus grand nombre de décès en 24 heures : 156.

La première puissance mondiale est confrontée depuis la fin juin à une très forte résurgence du virus, notamment dans le Sud et l’Ouest. Depuis une semaine, le nombre des contaminations détectées toutes les 24 heures dépasse les 60 000, environ deux fois plus qu’en avril, au plus fort du confinement.

De grandes villes américaines ont décidé que la rentrée scolaire serait largement, voire totalement en ligne, mais dans certains États — comme en Floride — le débat tourne au bras de fer politique.

En Inde, les 125 millions habitants (soit 10 % de la population du pays) de l’État du Bihar, région septentrionale pauvre, sont entrés dans la nuit de mercredi à jeudi dans un reconfinement de 15 jours, après les 13 millions d’habitants de Bangalore (Sud) et sa périphérie, reconfinés la veille pour une semaine.

Le petit État touristique de Goa a également annoncé un reconfinement de trois jours à partir de jeudi soir et un couvre-feu nocturne jusqu’au 10 août.

Un responsable régional de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a tiré la sonnette d’alarme jeudi, estimant que « la COVID-19 se propage à une vitesse alarmante en Asie du Sud, foyer d’un quart de l’humanité ».

« Pendant que l’attention du monde est tournée vers la crise en cours aux États-Unis et en Amérique du Sud, une tragédie humaine similaire émerge rapidement en Asie du Sud » a déclaré John Fleming.