(Genève) L’OMS a « regretté » mercredi la décision du président américain Donald Trump de suspendre le financement de l’organisation, qu’il accuse d’être trop proche de la Chine et de mal gérer la pandémie.

Agence France-Presse

Au cours d’une conférence de presse virtuelle à Genève, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé que l’agence spécialisée de l’ONU, engagée dans de multiples situations de crises sanitaires et de conflit dans le monde, était « en train d’examiner l’impact » de la décision américaine.

« L’OMS travaillera avec ses partenaires pour combler tout déficit financier […] et pour garantir que notre travail se poursuive sans interruption », a-t-il dit.

Il a assuré que les États-Unis, premier contributeur de l’agence sanitaire mondiale, étaient « un généreux ami de longue date de l’OMS, et nous espérons qu’ils continueront de l’être ».

Donald Trump a annoncé mardi la suspension de la contribution américaine à l’OMS, coupable à ses yeux d’avoir commis de nombreuses « erreurs » sur le coronavirus.

« Aujourd’hui, j’ordonne la suspension du financement de l’Organisation mondiale de la santé pendant qu’une étude est menée pour examiner son rôle dans la mauvaise gestion et la dissimulation de la propagation du coronavirus », a lancé M. Trump depuis les jardins de la Maison-Blanche, évoquant une étude « très approfondie » qui pourrait durer de 60 à 90 jours.

Donald Trump a été particulièrement agacé par les critiques de l’OMS à l’encontre de sa décision, fin janvier, d’interdire l’entrée aux États-Unis aux voyageurs en provenance de Chine.

À Genève, le patron de l’OMS a assuré déjà la semaine dernière que ce n’était pas le moment de lancer une enquête.

« En temps opportun, les performances de l’OMS dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 seront examinées par les États membres de l’OMS et les organismes indépendants qui sont en place pour assurer transparence et responsabilité », a encore assuré Tedros Adhanom Ghebreyesus mercredi.

« Cela fait partie du processus habituel par (les) États membres », a-t-il dit.

Un peu plus tôt dans la journée, il avait indiqué sur son compte Twitter qu’« il n’y a pas de temps à perdre », soulignant que la « seule préoccupation » de l’OMS est d’aider les pays bataillant contre la pandémie de COVID-19 à « sauver des vies ».

Le directeur exécutif du Programme pour les urgences de l’OMS, Michael Ryan, a affirmé aussi que « toutes les actions » de l’agence seraient examinées plus tard, jugeant « étrange de devoir se défendre à ce stade ».

Il a malgré tout souligné que l’OMS avait rapidement alerté début janvier sur l’existence d’un foyer de pneumonie à Wuhan en Chine et souligné qu’il y a des « millions de cas de pneumonie atypique chaque année dans le monde » sans pour autant qu’elles se transforment en une telle crise sanitaire comme celle de la COVID-19.

« Il est assez remarquable qu’un tel groupe de cas ait été détecté à Wuhan », a même souligné M. Ryan.