(Paris) L’épidémie de COVID-19 continue de provoquer inquiétude et mesures d’exception dans le monde, privant d’école près de 300 millions d’élèves, vidant les stades et les lieux de culte, et son impact se fait sentir sur le transport aérien.

Agence France-Presse

La Grèce a signalé jeudi une contamination massive dans un autocar de touristes ayant voyagé pendant plusieurs jours en Israël : 21 passagers sur 24 ont été diagnostiqués positifs au nouveau coronavirus à leur retour, portant le bilan à 31 cas dans le pays.

L’Autorité palestinienne a annoncé jeudi qu’elle interdisait pendant deux semaines les séjours de touristes en Cisjordanie et fermait la basilique de la Nativité à Bethléem, lieu de naissance de Jésus selon la tradition chrétienne, après de premiers cas suspectés de contamination dans ce territoire occupé par Israël.

Le groupe aérien Lufthansa a décidé de suspendre tous ses vols vers Israël à partir du 8 mars, à la suite de la décision de ce pays d’interdire l’accès à son territoire aux ressortissants de plusieurs pays européens.

À partir de jeudi, et jusqu’au 15 mars, toutes les écoles et universités sont fermées en Italie, premier foyer européen (107 morts pour 3089 cas).

En Inde, les écoles primaires de New Delhi seront fermées jusqu’au 31 mars.

En Iran, où les autorités ont signalé 15 nouveaux décès (au moins 107 morts au total, 3513 cas), les établissements scolaires ont été fermés pour un mois, les événements culturels et sportifs suspendus et les heures de travail réduites dans les administrations.

Du fait de l’épidémie, 13 pays au moins ont été contraints de fermer toutes leurs écoles, affectant plus de 290 millions d’élèves dans le monde, selon l’UNESCO, un « chiffre sans précédent ».

L’organisation de l’ONU pour l’éducation et la culture rappelle qu’il y a tout juste deux semaines la Chine, où le virus est apparu en décembre, était l’unique pays à avoir fermé ses écoles.

En Corée du Sud, deuxième foyer de contaminations après la Chine (6088 cas, dont 35 décès), les vacances ont été prolongées de trois semaines dans les écoles et les crèches.

Le monde du sport est lui aussi touché : le match de rugby du Tournoi des six nations Italie-Angleterre, prévu à Rome le 14 mars, a été reporté à une date restant à déterminer.

Le virus continue de se propager hors de Chine, berceau de l’épidémie : trois premières morts ont été annoncées en Irak et un en Suisse. Le premier cas de contamination a été confirmé en Afrique du Sud : un homme de 38 ans qui a récemment séjourné en Italie.

En France, l’épidémie a fait deux morts supplémentaires, portant le bilan à six, et 92 nouveaux cas ont été recensés. C’est la hausse la plus importante en une journée depuis le début de la crise.

Le Japon a décrété un confinement pour toute personne arrivant de Chine et de Corée du Sud, tandis que l’Australie interdit l’entrée des étrangers ayant récemment séjourné en Corée du Sud.

36 pays ont déjà imposé une interdiction totale d’entrée sur leur territoire aux personnes arrivant de Corée du Sud, selon le ministère sud-coréen des Affaires étrangères. Et 22 autres ont pris des mesures de quarantaine.  

Razzia sur le papier toilette

L’épidémie affecte dorénavant 84 pays sur tous les continents (sauf l’Antarctique) et perturbe la vie quotidienne dans un nombre croissant de pays. Elle a fait plus de 3300 morts dans le monde, où plus de 96 000 cas ont été recensés.  

En quelques semaines, les masques, gels désinfectants, gants ou combinaisons de protection sont devenus des denrées rares dans de nombreux pays.

En Corée du Sud, le premier ministre a annoncé que l’exportation de masques serait interdite à compter de vendredi et que le personnel médical et les travailleurs employés à la désinfection seraient prioritaires.

En Australie, le papier toilette est désormais rationné dans certains supermarchés après une ruée de clients paniqués. Un tabloïd local s’en amuse : il a publié jeudi un cahier spécial détachable de huit pages blanches destiné à ses lecteurs qui viendraient à manquer.

La Chine a franchi la barre des 3000 morts avec 31 nouveaux décès. Le pays craint à présent de nouvelles contaminations d’individus de retour de l’étranger. Shanghai a fait état jeudi d’un étudiant chinois rentré contaminé lundi d’Iran.  

Une onde de choc

La quarantaine à laquelle Wuhan et sa province - épicentre de l’épidémie - sont soumises depuis fin janvier, ainsi que la limitation des voyages dans le pays, semblent porter leurs fruits : le nombre de nouveaux décès est à la baisse ces dernières semaines et plus de 50 000 personnes ont été guéries.  


Revers de la médaille, les mesures drastiques de confinement paralysent l’économie du géant asiatique et menacent par ricochet la croissance mondiale.

Victime collatérale, la compagnie aérienne britannique Flybe a annoncé cesser ses activités « avec effet immédiat », plombée par une chute brutale du trafic aérien dans le monde. Placée en redressement judiciaire, la compagnie emploie quelque 2000 salariés.

Au total, les compagnies aériennes mondiales pourraient perdre jusqu’à 113 milliards de dollars de revenus, une crise « presque sans précédent », a estimé jeudi l’association internationale du transport aérien (IATA).


L’onde de choc commence aussi à secouer l’activité automobile en Europe.  Les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 11 % en février en Allemagne, premier marché européen, et les commandes de 19 %, selon les chiffres des constructeurs.