(Washington) Le coronavirus a fait un premier mort aux États-Unis, annoncé samedi, et poursuit sa progression dans le monde, particulièrement en Corée du Sud et en Europe, la France devenant un nouveau foyer derrière l’Italie.

Issam AHMED avec Kang JIN-KYU à Séoul
Agence France-Presse

L’épidémie s’approche des 3000 morts pour plus de 86 000 cas dans une soixantaine de pays – dont près de 80 000 cas pour 2870 décès en Chine, selon le dernier point fait dimanche.

La Corée du Sud, deuxième pays le plus touché après la Chine, où l’épidémie s’est déclarée en décembre, a recensé dimanche 376 cas supplémentaires, pour un total de 3526 contaminations, dont 17 morts.

Autre signe inquiétant, le pays a enregistré son premier cas de recontamination : une femme de 73 ans testée positive au virus après en avoir guéri.

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Un spectateur d'un match de soccer de l'équipe Paris Saint-Germain porte un masque, alors que la France est le deuxième foyer européen du coronavirus.

Si en Chine, le nombre de contaminations a globalement diminué grâce aux mesures de quarantaine visant plus de 50 millions de personnes, d’autres pays deviennent à leur tour des sources régionales de propagation du COVID-19, au premier rang desquels la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran.

En Europe, la France, désormais le deuxième foyer de l’épidémie sur le continent, a annulé tous les « rassemblements de plus de 5000 personnes » en milieu fermé, comme la dernière journée du Salon de l’agriculture dimanche.

La décision s’applique aussi à certains événements en extérieur, comme le semi-marathon de Paris le même jour. Au total, cent personnes ont été atteintes par le nouveau coronavirus dans le pays, dont deux sont mortes.

Sa voisine, l’Italie, qui a dépassé le millier de cas de contamination dont 29 morts, a également pris des mesures drastiques, comme la fermeture des écoles dans trois régions du nord, l’annulation d’événements sportifs ou culturels, y compris le report ce week-end de cinq matchs de championnat de football (Serie A),  et la mise en quarantaine depuis une semaine de 11 communes du Nord, poumon économique du pays.

Le Luxembourg a fait état de son premier cas, un homme d’une quarantaine d’années revenu d’Italie.

Bilan contesté en Iran

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait porté vendredi à « très élevé » le niveau de la menace et appelé tous les pays encore épargnés à se préparer à l’arrivée du COVID-19. Elle a averti que se croire à l’abri de la maladie serait une « erreur fatale ».

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Le ministère iranien de la Santé s’est défendu, mettant en avant « la transparence exemplaire de l’Iran dans la publication d’informations sur le coronavirus ».

La mise en garde est confortée par les annonces quotidiennes de nouveaux pays ou régions affectés.

Après le Brésil, où un deuxième cas a été confirmé samedi, et le Mexique, un nouveau pays d’Amérique latine a été touché samedi : l’Équateur. La patiente est une septuagénaire équatorienne qui revenait d’Espagne.

Téhéran a fait état samedi de neuf nouveaux décès, portant le bilan officiel à 43 morts. Mais la radio BBC Persian, citant des sources hospitalières, évoque un bilan d’au moins 210 morts, très supérieur aux statistiques officielles.

Le ministère de la Santé s’est défendu, mettant en avant « la transparence exemplaire de l’Iran dans la publication d’informations sur le coronavirus ».

L’Arabie saoudite voisine, qui avait déjà suspendu l’entrée des pèlerins se rendant à La Mecque, a interdit aux ressortissants des pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) d’entrer dans ses villes saintes de La Mecque et Médine (ouest).  

L’un de ces pays, le Qatar, a annoncé samedi un premier cas, un de ses ressortissants de retour d’Iran.

Annulations en série

Aux États-Unis, outre ce premier décès, 21 cas ont été recensés (auxquels s’ajoutent 47 malades rapatriés dans le pays). Plusieurs patients diagnostiqués ces derniers jours n’avaient aucun lien connu avec un foyer de l’épidémie, ce qui laisse penser que la maladie se propage sur le sol américain.  

M. Trump a annoncé qu’il recevrait lundi à la Maison-Blanche des représentants des grands groupes pharmaceutiques pour évoquer la gestion de l’épidémie.

A New York, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a affirmé que ce n’était « pas le moment de paniquer mais de se préparer pleinement » à contenir la propagation du coronavirus.  

Dans cette incertitude, la Bourse de New York a connu une semaine noire, avec un Dow Jones en baisse de plus de 12 % sur les cinq derniers jours.

En Chine, l’activité manufacturière est tombée en février à son plus bas niveau jamais enregistré.

Une donnée toutefois encourageante sur le plan médical : sur plus de 85 000 personnes contaminées dans le monde, près de 40 000 sont déjà guéries, selon un décompte effectué par l’Université Johns Hopkins, aux États-Unis, qui compile des informations de l’OMS et des autorités sanitaires de chaque pays.