(Nations unies) Les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont approuvé vendredi une déclaration sur l’interdiction de l’emploi d’armes chimiques, retrouvant un consensus longtemps mis à mal par la guerre en Syrie et les affaires Skripal en Angleterre ou Kim Jong-nam en Malaisie.

Agence France-Presse

« Le Conseil réaffirme que l’emploi d’armes chimiques constitue une violation du droit international et condamne dans les termes les plus vigoureux l’emploi d’armes chimiques », souligne cette déclaration adoptée à l’unanimité à l’initiative du Royaume-Uni.

« L’emploi d’armes chimiques en tout lieu, à tout moment, par quiconque, en quelque circonstance que ce soit, est inacceptable et représente une menace pour la paix et la sécurité internationales ». « Le Conseil se déclare fermement convaincu que les personnes responsables de l’emploi de ces armes doivent répondre de leurs actes », précise la déclaration.

En février 2017, l’agent neurotoxique VX avait été trouvé sur le demi-frère du dirigeant de la Corée du Nord assassiné à Kuala Lumpur. Mais l’affaire ayant le plus divisé l’ONU avait opposé un peu plus d’un an plus tard le Royaume-Uni à la Russie après l’empoisonnement au neurotoxique Novitchok en mars 2018 d’un ex-espion russe, Sergueï Skripal, et de sa fille Ioulia, à Salisbury en Angleterre.

Ces dernières années, les Occidentaux se sont aussi souvent opposés à la Russie, notamment au Conseil de sécurité, sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie.

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité « exhorte tous les États qui ne l’ont pas encore fait à devenir sans tarder parties » à la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction.

Cette Convention de 1993 est entrée en vigueur en 1997. La Syrie l’a rejointe en 2013. Israël l’a signée mais pas ratifiée tandis que la Corée du Nord, l’Égypte et le Soudan du Sud n’en font pas partie.

L’ambassadeur français à l’ONU, Nicolas de Rivière, a espéré que l’adoption de la déclaration permettrait de revenir à une « trajectoire de désarmement complet » en Syrie.

Par la voix de son ambassadeur adjoint, Dmitri Polyanskiy, la Russie a souligné de son côté la nécessité d’interdire à « des groupes terroristes » de pouvoir recourir à des armes chimiques.