Pendant deux semaines, Anne Nivat, correspondante de guerre française, a vécu dans la zone rouge de Bagdad, pour voir ce qui se passait de l'autre côté de la zone verte ultraprotégée qui abrite les ambassades américaine et britannique. Vêtue d'une abbaya noire, elle s'est déplacée d'un quartier à l'autre à bord d'une Peugeot grise conduite par son contact irakien, Ali. Elle a découvert une ville divisée par le sectarisme où sunnites et chiites n'ont qu'une chose en commun : la peur d'être kidnappés, torturés ou tués.

Richard Hétu

Un jour, Ali a confié à la journaliste française : «Je suis chiite. Mes oncles et cousins ont été tués par le régime de Saddam. Je voulais désespérément le voir partir. Mais aujourd'hui, si les pieds de Saddam apparaissaient devant moi, je tomberais à genoux et je les embrasserais.» 

Nivat, qui a également couvert la guerre de Tchétchénie, a signé hier cet article dans le Herald Tribune. S'il existe une version française de ce texte, faites-le moi savoir.

(Photo Getty Images)