«Nous n'avons pas été attaqués. Nous n'avons pas été menacés d'une attaque. Il n'y a aucun intérêt vital», a déclaré lundi soir soir dernier la représentante républicaine Michele Bachmann, exprimant l'opposition de plusieurs parlementaires de son parti concernant l'intervention américaine en Libye.

Richard Hétu

Selon cet article du Los Angeles Times, la déclaration de Bachmann est un exemple d'un «isolationnisme» qui n'est plus seulement l'apanage de Ron Paul au sein du Parti républicain. En mettant en doute l'utilité de la présence américaine en Afghanistan, Mitt Romney a également signalé ses divergences avec les néo-conservateurs, qui ont dominé la politique étrangère du Parti républicain durant la présidence de George W. Bush.

Je cite une des déclarations de l'ancien gouverneur du Massachusetts lors du débat télévisé tenu lundi soir dernier au New Hampshire entre les aspirants républicains à la présidence :

«Mais je pense aussi que nous avons appris que nos troupes ne devraient pas partir et livrer une guerre d'indépendance pour une autre nation. Seuls les Afghans peuvent gagner l'indépendance de l'Afghanistan face aux talibans.»

L'ex-ambassadeur des États-Unis en Chine, Jon Huntsman, a également expliqué la volonté d'extraire les troupes américaines d'Afghanistan le plus rapidement possible. Il a annoncera sa candidature à la présidence demain.

Le sénateur d'Arizona John McCain fait partie des républicains qui s'inquiètent de ce qu'ils considèrent la montée de l'isolationnisme dans leur parti. Je cite quelques-unes des déclarations que l'ex-candidat présidentiel a faites sur ce sujet hier lors d'une entrevue accordée à l'émission This Week d'ABC :

«Il y a toujours eu un courant isolationniste au sein du Parti républicain mais il semble aujourd'hui vouloir occuper une place centrale... Ce n'est pas le Parti républicain qui s'est battu pour la liberté des peuples partout dans le monde.»

«Je souhaite envoyer un message qui est que nous ne pouvons pas nous transformer en parti isolationniste. Nous ne pouvons répéter les erreurs des années 1930 lorsque les États-Unis ne bougeaient pas alors des choses terribles avaient lieu dans le monde.»

«Si nous n'étions pas intervenus - Kadhafi était aux portes de Benghazi, il a dit qu'il allait aller de maison en maison et tuer tout le monde (...) - que dirions-nous maintenant si nous avions permis cela?»

«Abandonner l'Afghanistan à la merci des talibans et des islamistes radicaux serait répéter les erreurs du passé.»