Le New York Times publie aujourd'hui un long reportage sur la procédure top-secrète par laquelle Barack Obama approuve l'élimination de «terroristes d'Al-Qaïda» dans le cadre de la campagne de drones de la CIA au Pakistan, au Yémen et en Somalie. Le quotidien évoque ainsi une «kill list», nom officieux donné à la liste contenant le nom et la bio de suspects, à partir de laquelle le président supervise la sélection des cibles.

Richard Hétu

Selon le Times, les conseillers d'Obama invoquent plusieurs raisons pour expliquer le rôle très actif du président dans cette procédure, dont les écrits de Thomas d'Aquin et Augustin sur la guerre. «Il croit qu'il doit accepter la responsabilité morale de ces actions. Et il sait que les mauvaises frappes peuvent ternir l'image de l'Amérique et nuire à la diplomatie», écrit le Times.

Le journal précise cependant que la CIA a trouvé une façon controversée de réduire le nombre de victimes innocentes des attaques de drones: l'agence compte comme terroriste tout homme se trouvant en compagnie des cibles qu'elle a dûment identifiées.

Le Times fait en outre allusion à l'opinion des critiques de la campagne de drones selon laquelle celle-ci a remplacé Guantanamo et la torture comme outil de recrutement par excellence d'Al-Qaïda.

L'administration Obama rejette ce genre de critique, estimant que la campagne de drones est non seulement efficace mais indispensable contre un ennemi qui ne respecte aucune règle.