Quelque 23 États américains, situés pour la plupart dans le Sud et dans l'Ouest, ont adopté depuis plus d'un demi-siècle une loi au nom vaguement orwéllien - Right-to-Work - qui libère les salariés de leurs cotisations obligatoires au syndicat de leur entreprise.

Richard Hétu

D'ici la fin de l'année, sous l'impulsion du gouverneur et des parlementaires républicains de l'État, le Michigan tentera de devenir le 24e État américain et le deuxième de la Rust Belt (après l'Indiana) à adopter une telle loi. Selon ses défenseurs, les lois Right-to-Work encouragent l'investissement privé, et notamment étranger, dans les États où elles sont en vigueur. Selon ses détracteurs, de telles mesures contribuent à une détérioration générale des conditions des travailleurs en réduisant ou en éliminant le pouvoir de négociation des syndicats.

De passage au Michigan, Barack Obama s'est aujourd'hui invité dans ce débat orageux en dénonçant la loi voulue par le gouverneur Snyder et ses alliés républicains. Je le cite :

«Nous devrions tout faire pour encourager des compagnies comme Daimler à continuer à investir dans les travailleurs américains. Ce que nous ne devrions pas faire c'est d'essayer d'éliminer vos droits de négocier pour de meilleurs salaires et conditions de travail. Ces soi-disant lois appelées Right-to-Work n'ont rien à voir avec l'économie. Elles ont tout à voir avec la politique. Ce dont on parle vraiment c'est de vous donner le droit de travailler pour moins d'argent.»