À la veille d'un discours majeur de Barack Obama sur l'immigration, un groupe bipartite de sénateurs présenteront aujourd'hui un plan pour régulariser et naturaliser plusieurs des 11 millions d'immigrés sans-papiers qui vivent aux États-Unis. Ce plan prévoira également un renforcement des frontières et un contrôle plus strict des étrangers aux États-Unis pour s'assurer qu'ils quittent le pays à l'expiration de leur visa.

Publié le 28 janv. 2013
Richard Hétu

Jon McCain, l'un des membres républicains du groupe bipartite, a avoué hier sur ABC que le plan n'était pas étranger aux résultats de la dernière élection présidentielle. «Nous perdons dramatiquement le vote hispanique, qui devrait à notre avis être le nôtre», a-t-il déclaré.

Selon le plan des sénateurs, la plupart des sans-papiers pourraient demander la «carte verte», ce permis de séjour et de travail permanent qui constitue une première étape vers la naturalisation. Pour être éligibles, ils devraient avoir un casier judiciaire vierge, apprendre l'anglais et prouver qu'ils ont travaillé. Les demandes de carte verte, faut-il préciser, ne seraient acceptés qu'après la mise en place de certaines mesures pour renforcer les frontières et le paiement des arriérés d'impôts des demandeurs.

Plusieurs parlementaires républicains se sont opposés par le passé à la régularisation des sans-papiers, y voyant une «amnistie» inacceptable. Il sera intéressant de voir si la plupart d'entre eux, surtout ceux de la Chambre des représentants, accepteront de changer de position sur cette question explosive.

Robert Menendez, un des sénateurs démocrates du groupe bipartite, a déclaré sur ABC hier que les membres de son parti avaient rejeté la possibilité d'une réforme de l'immigration sans la création d'une voix stricte mais équitable vers la naturalisation des sans-papiers. Je le cite :

«Premièrement, les Américains appuient (la naturalisation des sans-papiers), sondage après sondage. Deuxièmement, les électeurs latinos le demandent et l'attendent. Troisièmement, les démocrates le veulent. Et quatrièmement, les républicains en ont besoin.»

Il sera également intéressant de voir s'il y aura des différences importantes entre le plan de réforme des sénateurs et celui que Barack Obama dévoilera demain à Las Vegas.

À noter que Marco Rubio, candidat potentiel à l'investiture républicaine pour la présidentielle de 2016, est membre du groupe bipartite de huit sénateurs.