Barack Obama devrait annoncer sous peu la nomination de James Comey comme directeur du FBI pour remplacer Robert Mueller, qui occupe ce poste depuis le 12 septembre 2001. Le choix d'un républicain à la tête de la police fédérale est interprété comme un message fort de collaboration bipartite à une époque où les luttes partisanes sont particulièrement intenses à Washington.

Richard Hétu

La nomination de Comey devrait être acceptable pour les démocrates en raison de son rôle dans deux épisodes clés de son passage au sein du ministère de la Justice, où il a été le numéro deux de John Ashcroft durant la présidence de George W. Bush.

Dans le plus célèbre de ces épisodes, Comey s'est précipité au chevet d'Ashcroft à l'hôpital pour empêcher le chef de cabinet et l'avocat de la Maison-Blanche, Andrew Card et Alberto Gonzales, de profiter de l'état vulnérable du ministre de la Justice pour lui faire signer un document reconduisant un programme de surveillance électronique extrajudiciaire.

Comey s'est également opposé aux techniques d'interrogatoire renforcées utilisées par la CIA pour faire parler les suspects de terrorisme.

Les défenseurs des libertés ne manqueront cependant pas de critiquer le rôle de Comey durant le procès intenté par le Canadien Maher Arar, torturé en Syrie à la demande des États-Unis, contre le ministère de la Justice américain. Comey avait invoqué le privilège de secret d'État pour ne pas avoir à divulguer certaines informations.

On trouve ici et ici les articles du Washington Post et du New York Times sur la nomination de Comey.