Le docteur Vivek Murthy, praticien de médecine interne, a vécu de près les conséquences de la violence due aux armes à feu. Aussi s'est-il exprimé au fil des ans en faveur de certaines mesures susceptibles de réduire cette violence, dont l'interdiction des armes d'assaut, la formation obligatoire au maniement des armes à feu et la restriction des ventes de munitions.

Publié le 15 mars 2014
Richard Hétu

L'appui à ces mesures n'a rien de radical, si l'on considère que la majorité des Américains les soutiennent également. Mais les opinions du Dr Murthy ne le placent pas moins dans la ligne de mire de la NRA, qui mène une vigoureuse campagne contre sa nomination par Barack Obama au poste de directeur de santé publique des États-Unis (Surgeon General).

Et le Dr Murthy pourrait bien être victime de cette campagne, si l'on se fie à cet article publié aujourd'hui à la Une du New York Times. Plutôt que de se mettre à dos le lobby des armes à feu, des sénateurs démocrates issus d'États conservateurs comme la Louisiane, l'Arkansas, l'Alaska et le Montana, et dont les sièges seront en jeu en novembre, songeraient à voter contre la nomination du médecin d'origine indienne.

Pour éviter une défaite possible, la Maison-Blanche pourrait ainsi retirer la candidature du Dr Murthy, selon le Times. Il s'agirait d'une nouvelle rebuffade infligée par des sénateurs démocrates au président Obama, dont le choix pour le poste de directeur de la division des droits civiques du ministère de la Justice a été bloqué récemment.

L'ironie veut que les démocrates aient réussi en novembre dernier à changer les règles du Sénat afin de mettre un terme au blocage des républicains contre les nominations du président Obama à de hautes fonctions au sein de l'exécutif et du système judiciaire.

En vertu des nouvelles règles, les démocrates n'ont plus besoin d'une super majorité de 60 voix pour tenir un vote sur ces nominations présidentielles. Une majorité simple suffit. Or, à l'approche des élections de mi-mandat, les démocrates ont de plus en plus de difficulté à obtenir par eux-mêmes cette simple majorité (ils contrôlent 55 sièges au Sénat).

Comme quoi Barack Obama n'a pas vraiment besoin d'ennemis...