Jusqu'au week-end dernier, l'administration Obama pouvait citer la reprise de Tikrit par l'armée irakienne pour défendre l'efficacité de sa stratégie contre le groupe État islamique. Après la chute de la ville irakienne de Ramadi et celle de la ville syrienne de Palmyre, ses arguments sont moins convaincants, cela s'entend.

Publié le 21 mai 2015
Richard Hétu

«Non, je ne pense pas que nous perdons», a déclaré Barack Obama dans un entretien publié ajourd'hui par le magazine en ligne The Atlantic. «Il y a eu un revers tactique, c'est incontestable, même si Ramadi était vulnérable depuis très longtemps.»

Le président a évoqué les «progrès significatifs dans le nord (de l'Irak) et dans les régions où les Peshmergas (forces kurdes) participent». Et il a répété que la campagne contre les djihadistes prendrait «plusieurs années».

Qu'à cela ne tienne, plusieurs républicains imputent au président Obama la responsabilité de l'instabilité actuelle en Irak.

«L'EI n'existait pas quand mon frère était président», a déclaré Jeb Bush hier lors d'un déplacement au New Hampshire. «Des erreurs ont été commises en Irak, c'est certain, mais l'envoi de renforts a créé un Irak fragile mais stable que le président aurait pu renforcer. Il a pris la décision de se retirer... et je pense que nous en payons aujourd'hui le prix.»

Dans son entrevue avec le journaliste Jeffrey Goldberg du magazine The Atlantic, le président Obama a répondu aux critiques de Bush, qui sont également celles de plusieurs autres candidats républicains à la présidence.

«Je sais que certains républicains ont affirmé que j'avais exagéré les leçons à tirer de l'erreur irakienne, et que le fait que l'invasion de 2003 ait mal tourné ne signifie par que nous ne devrions pas y retourner. Une leçon qu'il est important de tirer à mon avis est que si les Irakiens eux-mêmes ne sont pas disposés ou capables d'arriver aux compromis politiques nécessaires pour gouverner, s'ils ne sont pas prêts à se battre pour la sécurité de leur pays, nous ne pouvons pas le faire pour eux. Nous pouvons être des alliés efficaces.»