«Pourquoi le peuple américain devrait-il vous faire confiance pour diriger ce pays, même si [Hillary Clinton] a été beaucoup plus proche de [la présidence]?»

Publié le 11 nov. 2015
Richard Hétu

Marco Rubio n'a pu réprimer un éclat de rire hier soir en entendant ces mots, qui lui ont été adressés lors du quatrième débat des primaires républicaines pour la présidence, présenté sur Fox Business Network et axé sur l'économie. Il a répondu à cette question facile en reprenant un laïus dont il se sert dans tous ses discours. «Cette élection porte sur l'avenir, sur le genre de pays que sera cette nation au 21e siècle. Si je reçois l'investiture, ils seront le parti du passé, et nous serons le parti du 21e siècle...»

De l'avis général, le sénateur de Floride est sorti gagnant d'un deuxième débat d'affilée, suivi de Ted Cruz et Carly Fiorina (pour des raisons qui ne tiennent pas nécessairement à la logique ou à la vérité mais à l'aplomb avec lequel ils ont énoncé des idées populaires auprès d'un certain électorat républicain).

Rand Paul a probablement offert sa meilleure performance depuis le début des débats, défendant avec éloquence ces idées libertariennes. Rubio a néanmoins soulevé les spectateurs réunis dans un théâtre de Milwaukee en répondant à une attaque du sénateur du Kentucky, qui lui reprochait de proposer à la fois une augmentation des dépenses militaires et des crédits d'impôts pour les jeunes familles.

L'autre moment fort de la soirée s'est produit lorsque John Kasich et Jeb Bush ont attaqué les propositions de Donald Trump en matière d'immigration. «C'est un argument stupide», a notamment déclaré le gouverneur d'Ohio en parlant de l'idée d'expulser 11 millions d'immigrés clandestins. «Les membres de l'équipe de Clinton font des high-fives en ce moment en entendant cela», a déclaré de son côté l'ancien gouverneur de Floride en faisant allusion aux commentaires de Trump.

Trump a été hué par les spectateurs à deux reprises, la première fois en disant, à propos de Kasich : «J'ai bâti une compagnie incroyable de plusieurs milliards. Je n'ai pas à écouter cet homme.» Plus tard, en parlant de l'unique femme parmi les huit candidats sur scène, il s'est mis à dis la foule en disant : «Pourquoi continue-t-elle à interrompre tout le monde.»

Trump a également suscité des moqueries sur Twitter en s'opposant à une augmentation du salaire minium. Parmi les raisons qu'il a évoquées : «Les salaires sont trop élevés.»

Bush a connu son meilleur débat de la saison, tout comme Ben Carson. Bien sûr, la barre n'était pas très haute pour les deux hommes. Un peu perdu sur les questions internationales, le neurochirurgien a fait face à une seule question, pas très difficile, sur ses exagérations ou fabulations présumées concernant son passé. «Les gens qui me connaissent savent que je suis honnête», a-t-il déclaré en changeant rapidement de sujet pour accuser Hillary Clinton d'avoir menti sur Benghazi.

Les modérateurs de Fox Business Network ont évité d'être critiqués, comme l'avaient été ceux de CNBC, en posant des questions généralement sérieuses. Fait étonnant, ils n'ont posé aucune question à Rubio sur ses finances personnelles ou sur l'immigration.

P.S. : Une des répliques les plus mémorables du débat appartient à Marco Rubio, qui vantait les écoles de formation professionnelle. «Les soudeurs font plus d'argent que les philosophes. Nous avons besoin de plus de soudeurs et moins de philosophes.» Réplique mémorable, mais inexacte : les philosophes font beaucoup plus d'argent que les soudeurs.