«Ce serait une catastrophe pure et totale. Si vous êtes xénophobe, raciste et intolérant à l'égard des autres religions, vous allez avoir du mal à être président des États-Unis, et vous allez causer un total irréparable au parti.»

Publié le 2 déc. 2015
Richard Hétu

Celui qui s'exprime ainsi à propos de Donald Trump, le sénateur de Caroline-du-Sud Lindsey Graham, n'a aucune chance de remporter l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2016, d'où sa candeur. Mais, à en juger par cet article publié aujourd'hui dans le New York Times, plusieurs élus, stratèges et donateurs du Grand Old Party pensent la même chose que lui. Ils n'osent cependant pas répéter ses paroles, de peur d'être entraînés dans une dispute publique avec le milliardaire à la grande gueule ou même d'aider sa cause en exacerbant la fièvre anti-establishment de ses partisans.

Mais leur opposition à Trump ne se limite pas à la possibilité de le voir remporter l'investiture républicaine. Certes, un tel scénario signifierait selon eux le maintien assuré des démocrates à la Maison-Blanche. Mais la présence du Donald à la tête du ticket républicain nuirait également à leur avis aux candidats républicains les plus vulnérables au Sénat et à la Chambre des représentants. Un stratège républicain d'Ohio a répondu à une question du journaliste du Times sur l'effet de la nomination de Trump en évoquant les élections de 1964 qui avaient notamment coûté aux républicains 36 sièges à la Chambre après la nomination du sénateur ultra-conservateur d'Arizona Barry Goldwater comme candidat présidentiel.

Cela dit, certains républicains préfèrent se taire en priant pour que le phénomène Trump dure juste assez longtemps pour empêcher le sénateur du Texas Ted Cruz d'hériter de ses partisans. Car ils craignent encore davantage une victoire de Cruz dans la course à l'investiture républicaine!

Disons que le nouveau sondage national Quinnipac publié ce matin n'a rien de rassurant pour eux. Chez les républicains, Trump renforce son avance en première place, alors que le neurochirurgien retraité Ben Carson baisse au profit de Cruz et du sénateur de Floride Marco Rubio. Au final,

Rubio sauvera peut-être la mise pour ceux qui craignent aujourd'hui le pire.

Les principaux résultats du sondage Quinnipiac chez les républicains en un coup d'oeil :

Donald Trump 27%

Marco Rubio 17%

Ted Cruz 16%

Ben Carson 16%

Jeb Bush 5%

Il y a un mois, Trump devançait Carson par un point, récoltant 24% des intentions de vote contre 23% pour Carson.

Chez les démocrates, Hillary Clinton a creusé son avance sur Bernie Sanders, récoltant 60% des intentions de vote contre 30%. Il y a un mois, elle menait par 53% à 35%.

À noter : tant Clinton que Bernie remporteraient la victoire face à Trump, Rubio, Cruz ou Carson si l'élection présidentielle avait lieu aujourd'hui, ce qui n'était pas le cas il y a un mois.