Publié le 23 févr. 2016
Richard Hétu

Les républicains ont trouvé un allié inattendu hier pour justifier leur refus de tenir des auditions ou un vote sur l'éventuel choix de Barack Obama pour remplacer le juge Antonin Scalia à la Cour suprême. Il s'agit de Joe Biden.

Comme le démontre la vidéo qui coiffe ce billet, le vice-président a prononcé le 24 juin 1992 un discours dans l'enceinte du Sénat où il affirme que le président George Bush devrait laisser passer l'élection présidentielle de cette année-là avant de nommer le remplaçant ou la remplaçante d'un juge démissionnaire. Un tel scénario ne s'est pas matérialisé.

Dans une déclaration émise hier, Biden a soutenu que son discours a été mal interprété. Il a précisé qu'il avait exhorté le Sénat, durant la même intervention, à surmonter ses divisions partisanes pour assurer le bon fonctionnement des tribunaux fédéraux.

Les alliés de Biden ont en outre fait valoir que son discours avait été prononcé fin juin, soit à moins de cinq mois de l'élection. Et ils souligné que l'allocution était intervenue après les controverses majeures provoquées par les nominations de Clarence Thomas et Robert Bork à la Cour suprême.

N'empêche : ce discours apportera de l'eau au moulin des républicains. Mais il n'empêchera sans doute pas le président Obama de procéder à une nomination dans les prochaines semaines.