Publié le 20 avr. 2016
Richard Hétu

Avez-vous vu ou entendu le bref discours de victoire de Donald Trump hier soir? Adoptant une posture «présidentielle», le promoteur immobilier n'a pas parlé de «Lyin' Ted» mais du «sénateur Cruz», il n'a pas évoqué ses «beaux sondages» mais plutôt son désir de ramener des emplois aux États-Unis et de renégocier les accords de libre-échange qui les ont fait fuir.

Comme on peut le constater dans la vidéo qui coiffe ce billet, il n'a même pas renouvelé sa promesse de construire un mur le long de la frontière sud et d'envoyer la note au Mexique!

C'était le Trump nouveau, un cru fortement influencé par Paul Manafort, un lobbyiste de 67 ans auquel le candidat a fait appel pour remettre de l'ordre dans sa campagne et assuré son investiture en tant que candidat du Parti républicain à la présidence.

Manafort effectue un retour en politique après 25 ans d'absence. En 1976, il a joué un rôle important lors de la dernière convention contestée du Parti républicain, qui a permis à Gerald Ford de battre Ronald Reagan dès le premier tour de scrutin. Trump espère encore récolter d'ici la fin des primaires le nombre de délégués nécessaires à son investiture, soit 1237. Cependant, s'il n'y arrive pas, Manafort pourrait lui apporter une aide précieuse.

Trump a remporté 60,5% des suffrages dans l'État de New York contre 25,1% pour John Kasich et 14,5% pour Cruz. Selon le décompte d'AP, Trump a remporté au moins 89 des 95 délégués en jeu hier, le reste allant à Kasich. Ce total, aussi impressionnant soit-il, ne lui garantit pas d'atteindre le chiffre magique de 1 237 avant la convention de Cleveland.

En attendant, Trump pourrait triompher dans les cinq États qui voteront mardi prochain - Connecticut, Rhode Island, Pennsylvanie, Delaware et Maryland. Son prochain gros test aura lieu le 3 mai dans l'Indiana, un État où il tire de l'arrière dans les sondages, et qui attribuera au vainqueur ses 57 délégués.

La question est évidemment de savoir si le Trump nouveau sera toujours là, ou si l'ancien ne recommencera pas à faire des siennes.

P.S.: Je reviendrai sous peu sur la victoire convaincante d'Hillary Clinton, qui forcera Bernie Sanders à faire des choix cruciaux pour son avenir et celui du Parti démocrate.