Publié le 22 oct. 2016
Richard Hétu

«Il y a 87 ans, nos pères donnèrent naissance sur ce continent à une nouvelle nation conçue dans la liberté et vouée à la thèse selon laquelle tous les hommes sont créés égaux. Nous sommes maintenant engagés dans une grande guerre civile, épreuve qui vérifiera si cette nation, ou toute autre nation ainsi conçue et vouée au même idéal, peut résister au temps. Nous sommes réunis sur un grand champ de bataille de cette guerre. Nous vînmes consacrer une part de cette terre qui deviendra le dernier champ de repos de tous ceux qui moururent pour que vive cette nation. Il est à la fois juste et digne de le faire.»

Le 19 novembre 1863, Abraham Lincoln commençait ainsi sa célèbre adresse de Gettysburg, prononcée sur un champ de bataille où 51 000 soldats de l'Union et de la Confédération avaient perdu la vie entre les 1er et 3 juillet de la même année.

Aujourd'hui, Donald Trump est retourné dans la même ville historique de Pennsylvanie pour présenter les premières mesures qu'il prendrait s'il était élu à la présidence. Il s'agissait en grande partie d'initiatives et promesses déjà évoquées au cours des derniers mois, dont celles de renégocier les accords de libre-échange, d'abroger la loi sur la santé de Barack Obama et de commencer la construction du mur le long de la frontière sud.

Mais l'adresse de Trump n'était en aucun point comparable au discours de Lincoln, qui avait notamment engendré le concept de «gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple». Le candidat républicain s'est de nouveau présenté en victime d'un processus électoral «truqué». Il a encore répété que sa rivale démocrate devrait être en prison, qualifié les médias de «corrompus» et menacé les femmes qui l'ont accusé d'attouchements non désirés.

«Toutes ces menteuses seront poursuivies après cette élection», a-t-il déclaré en prononçant ce qui deviendra sans doute la phrase la plus mémorable de son adresse de Gettysburg.