Publié le 26 oct. 2016
Richard Hétu

«Vous êtes fascinée par le sexe et vous n'avez cure des questions politiques!» s'est exclamé Newt Gingrich hier soir lors d'une interview menée par l'animatrice de Fox News Megyn Kelly, qui venait de lui poser une question sur les propos dégradants de Donald Trump sur les femmes et les accusations d'une dizaine de femmes à l'encontre du candidat républicain à la présidence.

Parenthèse : Gingrich était à la tête de la majorité républicaine de la Chambre des représentants qui a voté pour déclencher le processus de destitution (impeachment) à l'encontre de Bill Clinton. Pendant qu'il accusait le président d'avoir menti sous serment sur la nature de sa relation avec Monica Lewinsky, il trompait sa deuxième femme avec celle qui allait devenir sa troisième. Fermons la parenthèse.

«Vous savez quoi, Monsieur Speaker, je ne suis pas fascinée par le sexe. Je suis fascinée par la protection des femmes et par l'idée de comprendre ce que nous allons obtenir dans le Bureau ovale», a répliqué Kelly.

Gingrich a alors déclaré que Kelly devrait plutôt s'inquiéter du retour de Bill Clinton à la Maison-Blanche. «Je veux vous entendre dire : 'Bill Clinton, prédateur sexuel'», a-t-il dit à Kelly, qui avait mentionné plus tôt dans l'interview que Trump était accusé d'être un «prédateur sexuel».

«Écoutez, il ne s'agit pas de moi», a répondu Kelly, en citant des sondages indiquant que les électrices étaient plus intéressées par les allégations formulées contre de Trump que celles à l'encontre de Clinton.

L'animatrice a mis fin à l'interview en conseillant à Gingrich de s'occuper de ses «problèmes de maîtrise de la colère».

La confrontation Gingrich-Kelly a suscité plusieurs commentaires sur Twitter. De façon générale, les partisans de Trump ont conclu que Gingrich avait remis Kelly à sa place, alors que les critiques du candidat républicain ont pensé le contraire.

Des observateurs plus neutres ont estimé de leur côté que la confrontation illustrait la raison pour laquelle Trump n'a pas la cote auprès des femmes. Autrement dit, avec des amis comme Gingrich, le magnat de l'immobilier n'a peut-être pas besoin d'ennemis.

Qu'en pensez-vous?