Des courriels obtenus par le biais d'un piratage et diffusés hier par WikiLeaks révèlent que les conseillers d'Hillary Clinton ont exprimé des inquiétudes concernant l'effet que pourraient avoir sur l'avenir politique de l'ancienne secrétaire d'État les dons étrangers à la Fondation Clinton et les activités rémunératrices de l'ancien président.

Publié le 27 oct. 2016
Richard Hétu

«Planifient-ils de faire d'autres grosses activités l'an prochain? Est-ce possible d'en diminuer le nombre et l'importance en 2016?», a notamment demandé l'an dernier l'actuel directeur de campagne de Clinton, Robin Mook, dans un courriel adressé à John Podesta, actuel président de la campagne de la candidate démocrate, qui tenait alors un rôle important au sein de la Fondation Clinton.

Podesta s'est lui-même opposé à l'idée que Bill Clinton rencontre deux des donateurs étrangers de la Fondation, un industriel ukrainien et le roi saoudien, à leur demande expresse. Les rencontres n'ont pas eu lieu.

L'entourage d'Hillary Clinton a également mal accueilli la promesse de cette dernière d'assister à une rencontre au Maroc à la demande du roi de ce pays, qui avait promis de verser 12 millions de dollars à la Fondation Clinton. «Elle a créé ce gâchis et elle le sait», a écrit Huma Abedin, proche collaboratrice d'Hillary Clinton, dans un courriel daté de janvier 2015.

Clinton n'est pas allée au Maroc, et il n'est pas clair que le roi marocain a donné suite à son engagement à verser 12 millions de dollars à la Fondation Clinton.

Au-delà des inquiétudes exprimées par l'entourage d'Hillary Clinton, les courriels publiés hier ne contiennent pas d'éléments prouvant les accusations des républicains selon lesquelles l'ancienne secrétaire d'État a fait des faveurs aux donateurs de la Fondation Clinton.

Les courriels confirment cependant que certains donateurs de la Fondation ont également versé à Bill Clinton des émoluments pour divers services, dont des conférences et des conseils. Certains lui ont également donné des cadeaux coûteux.

Les courriels révèlent aussi le rôle de Chelsea Clinton pour écarter un des membres de l'entourage de son père, Douglas Band, à qui elle reprochait d'utiliser son rôle au sein de la fondation pour recruter des clients pour sa propre boîte de conseil.

Chelsea a également demandé à un cabinet juridique de mener un audit de la fondation qui a notamment conclu qu'aucun «quid pro quo inapproprié n'a été offert aux donateurs en retour de contributions».

Depuis sa création en 1997, la Fondation Clinton a amassé ernviron 2 milliards de dollars pour financer des projets humanitaires dans le monde. En août dernier, elle a annoncé qu'elle cesserait d'accepter des dons étrangers si Hillary Clinton remportait l'élection présidentielle.

L'équipe d'Hillary Clinton a de nouveau refusé de confirmer l'authenticité des courriels, se contentant de dire que le piratage fait partie d'une campagne orchestrée par le gouvernement russe pour influencer l'élection présidentielle au profit de Donald Trump.