En annonçant la plainte en diffamation de sa cliente, Summer Zervos, contre Donald Trump, l'avocate Gloria Allred a fait allusion à la poursuite pour agression sexuelle intentée par Paula Jones contre Bill Clinton.

Publié le 18 janv. 2017
Richard Hétu

Lors du procès civil de 1994, Clinton avait menti sous serment lors d'une déposition en niant avoir eu une relation sexuelle avec une certaine Monica Lewinsky. Ce parjure avait suffi aux républicains de la Chambre des représentants pour déclencher une procédure de destitution (impeachment) à l'issue de laquelle le président avait été acquitté par le Sénat.

Allred jure que sa cliente n'est pas à la recherche d'une entente à l'amiable qui lui permettra de passer à la caisse. L'ancienne candidate de l'émission de télé-réalité The Apprentice se dit prête à retirer sa plainte sans compensation financière si Trump rétracte ses déclarations contre elle.

En octobre dernier, Zervos avait accusé Trump de l'avoir embrassée et touchée contre son gré dans une chambre d'hôtel il y a une dizaine d'années. Trump l'a accusée d'avoir inventé cette affaire de toutes pièces. Selon la plainte, il s'est servi de sa position de premier plan pour «pour dénigrer (...) Mlle Zervos et d'autres femmes», et leur «nuire intentionnellement».

Gloria Allred a indiqué que Trump pourrait être appelé à témoigner sous serment à l'occasion d'une déposition. Elle a précisé qu'un parjure de sa part pourrait justifier le déclenchement par le Congrès d'une procédure de destitution contre lui, comme ce fut le cas pour Clinton.

Zervos fait partie d'un groupe d'une dizaine de femmes qui ont accusé Trump d'attouchements sexuels non désirés dans la foulée de la publication d'une vidéo dans laquelle le candidat républicain à la présidence se vantait d'embrasser des femmes de force et de leur empoigner le sexe sans crier gare.

Allred dit avoir envoyé il y a deux mois une lettre à Trump lui demandant de rétracter ses propos sur sa cliente. Et pourquoi a-t-elle choisi d'annoncer sa plainte à trois jours de l'investiture du 45e président?

«Nous lui avons donné deux mois. Le temps est écoulé. Pourquoi maintenant? Ma réponse serait pourquoi pas maintenant», a-t-elle expliqué.