Dans les dernières années, plusieurs pays occidentaux ont tenté d'encadrer la prostitution. Décriminalisation, abolition, légalisation... Les résultats ne font pas toujours l'unanimité.

Mis à jour le 21 déc. 2013
Anabelle Blais LA PRESSE

Suède

La Suède a fait le choix d'une nouvelle approche, en 1999, qui consiste à criminaliser les clients et les proxénètes, tandis que les prostituées ne sont plus poursuivies. Le pays lutte donc contre la prostitution en s'attaquant à la demande. Des mesures sociales pour sortir les prostituées de ce milieu accompagnent cette loi.

Pays-Bas

Les Pays-Bas font depuis longtemps preuve de tolérance à l'égard de la prostitution dans certaines zones. En 2000, le pays a finalement décidé de la légaliser. Il demeure illégal d'obliger ou inciter une personne à se prostituer. Les municipalités ont la responsabilité de réglementer l'industrie.

Suisse

En août dernier, Zurich a lancé des «garages à sexe» ou sexboxes pour permettre aux prostituées de travailler en toute sécurité. Les automobilistes peuvent se rendre dans des zones en périphérie de la ville où les travailleuses du sexe y sont regroupées. En plus d'avoir accès à des toilettes et des douches, les travailleuses ont un bouton d'alarme et ont accès à des travailleurs sociaux.

Australie

Il n'y a pas de loi fédérale qui encadre la prostitution. Chaque État a donc le pouvoir de le faire. Dans six États sur huit, la prostitution est décriminalisée ou encadrée. Bien souvent, les bordels qui possèdent un permis sont légaux, mais la prostitution de rue demeure criminelle.

Nouvelle-Zélande

En 2003, les lois qui interdisaient le racolage, l'exploitation d'un bordel et la vente de services sexuels ont été abrogées. Le Prostitution Reform Act vise à protéger les travailleuses du sexe. La réglementation des bordels et l'octroi de permis incombent aux administrations locales. Ces règlements sont plus ou moins sévères selon les villes.

Allemagne

La prostitution est légale depuis 2002. Les prostituées ont droit à une couverture sociale. Elles paient des impôts et sont représentées par des syndicats. Ces lois particulièrement libérales ont attiré de nombreuses prostituées de l'Est, ce qui a entraîné une chute des prix.

Norvège

La Norvège a marché dans les traces de la Suède en punissant les clients et l'achat de services sexuels, à partir de 2009. Les clients encourent une amende ou six mois en prison. Le pays sévit même contre ses citoyens qui ont recours aux services d'une prostituée à l'étranger.

France

Le 4 décembre dernier, les députés français ont adopté une loi qui prévoit punir les clients des prostituées, à l'image de la Suède. Le Sénat doit se prononcer sur la question dans les prochains mois. Le texte prévoit des mesures sociales d'accompagnement pour les prostituées qui souhaitent quitter l'industrie.

Islande

En 2009, l'Islande a voté une loi qui prévoit que l'achat de services sexuels est passible d'une peine de quatre ans de prison. Les spectacles d'effeuillages ont été interdits l'année suivante et le gouvernement étudie la possibilité d'interdire la pornographie sur l'internet.