Le gouvernement israélien continue de multiplier les efforts pour mettre un frein à la flottille qui tentera de briser le blocus dans la bande de Gaza au cours des prochains jours. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou est cependant revenu sur des menaces de sanctions visant les journalistes étrangers.

Janie Gosselin LA PRESSE

Dimanche, le Bureau de presse gouvernemental avait annoncé aux reporters qu'ils seraient passibles d'une interdiction d'entrée en Israël de 10 ans s'ils prenaient place à bord d'un des navires. Les bateaux doivent acheminer de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, soumise à un blocus depuis cinq ans.

L'annonce a provoqué l'ire des journalistes. L'Association de la presse étrangère en Israël, qui représente 480 membres, a demandé au gouvernement de retirer la menace.

Plusieurs médias, dont CNN et le New York Times, doivent couvrir les événements à partir d'un des bateaux.

Hier, le premier ministre israélien est revenu sur la mise en garde et a affirmé que les journalistes ne seraient pas soumis aux sanctions destinées à ceux qui entrent illégalement au pays.

Les menaces ont été attribuées à un membre du personnel qui n'aurait pas reçu l'aval des autorités, selon des propos rapportés par plusieurs médias.

Israël se prépare

L'an dernier, une flottille avait tenté de briser le blocus dans la bande de Gaza. Un raid israélien s'était soldé par la mort de neuf ressortissants turcs. L'image d'Israël en était sortie ternie.

L'État hébreu tente d'éviter un nouveau fiasco.

Le cabinet de sécurité israélien s'est réuni hier pour la deuxième fois en deux jours afin d'étudier les moyens de freiner la flottille.

«L'État d'Israël est déterminé à empêcher l'arrivée de la flottille à Gaza», a indiqué le bureau du premier ministre par voie de communiqué.

La radio militaire a indiqué que les ministres autoriseraient les navires à décharger leur cargaison à Ashdod, en Israël, ou au port égyptien d'El-Arish.

«Notre objectif est de briser le blocus, cela implique que nous allons livrer la marchandise à Gaza et nulle part ailleurs», a répondu le porte-parole du bateau canadien, Stéphan Corriveau, dans un courriel.

Environ 350 militants de 22 nationalités, dont plusieurs Canadiens, doivent prendre part à la flottille, qui devrait compter environ 10 navires. Ils prévoient mettre le cap sur la bande de Gaza vers la fin de la semaine. L'ONU et plusieurs gouvernements ont tenté de les en dissuader.