Les dirigeants des deux principaux mouvements politiques palestiniens se rencontreront demain au Caire pour discuter de la formation d'un gouvernement intérimaire. Si le Hamas et le Fatah ont enterré la hache de guerre en avril dernier, plusieurs questions demeurent sur la concrétisation de leur entente. Quatre points pour en comprendre les enjeux.

Janie Gosselin LA PRESSE

Réconciliation

Le Fatah, qui dirige la Cisjordanie à la tête de l'Autorité palestinienne, et le Hamas, mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, ont conclu un accord de réconciliation le 27 avril dernier, après plusieurs tentatives infructueuses. Les deux partis étaient à couteaux tirés depuis 2007, lorsque le Hamas s'est emparé du pouvoir dans la bande de Gaza.

Le Hamas et le Fatah sont parvenus à une réconciliation dans un contexte de contestation populaire dans la région, notamment en Syrie, où se trouve la direction officielle du Hamas. Des milliers de manifestants dans plusieurs villes de la Cisjordanie et de la bande de Gaza avaient aussi réclamé la fin des divisions en mars dernier.

La réconciliation entre le Fatah et le Hamas, qui ne reconnaît pas l'État hébreu, a été mal accueillie par Israël et par les États-Unis.

Gouvernement intérimaire

Le Fatah et le Hamas ont convenu de mettre sur pied un gouvernement intérimaire formé d'indépendants jusqu'aux élections, prévues d'ici un an. Les dirigeants des deux groupes doivent se rencontrer aujourd'hui pour discuter de sa création.

Or, il semble que les différends refont déjà surface entre les anciens rivaux. Le Fatah, dirigé par Mahmoud Abbas, a signifié son intention de confirmer Salam Fayyad au poste de premier ministre, qu'il occupe actuellement. L'ancien économiste à la Banque mondiale n'appartient à aucun des deux mouvements.

Le Hamas compte rejeter cette candidature.

Le premier ministre bénéficie d'un large soutien international et est vertement critiqué par le Hamas, qui le perçoit comme le pantin des États-Unis.

Certains craignent que les dons de la communauté internationale à l'Autorité palestinienne - 1 milliard US par année - disparaissent si M. Fayyad n'est pas reconduit.

Le Fatah pourrait cependant opter pour un compromis en proposant un nouveau candidat. Mohammad Moustapha, président du Fonds d'investissement de Palestine et conseiller économique de Mahmoud Abbas, aurait aussi été pressenti pour occuper le poste.

Hamas

La réconciliation entre les deux mouvements a été mal accueillie par plusieurs pays, qui s'opposent à la présence de membres du Hamas dans le gouvernement palestinien. Le Hamas refuse toujours de reconnaître l'État d'Israël et de renoncer à la violence.

Bien que le gouvernement de transition devrait être formé de politiciens sans affiliation, le Hamas aura son mot à dire dans le choix des candidats.

Un autre point à régler entre le Hamas et le Fatah sera la mise sur pied d'un haut conseil de sécurité, prévu dans l'accord de réconciliation pour intégrer les différentes forces de sécurité en un groupe unique. Lorsque le Hamas s'était emparé du pouvoir dans la bande de Gaza, de violents affrontements avaient eu lieu entre les membres des deux groupes.

La question des prisonniers politiques détenus par le groupe rival devrait aussi faire partie des discussions.

Déclaration d'indépendance

La scission entre la Cisjordanie et la bande de Gaza est vue comme un obstacle à la création d'un État palestinien. Plusieurs jugent que les dirigeants du Fatah et du Hamas doivent montrer un front uni devant la communauté internationale pour discuter de l'établissement d'un futur État. Mahmoud Abbas a déjà fait connaître son intention de demander une reconnaissance de l'État palestinien à l'automne prochain devant l'Assemblée générale des Nations unies. Le soutien de certains pays pourrait dépendre de la composition du nouveau gouvernement intérimaire.