Onze Somaliens accusés d'avoir attaqué des navires de guerre américains au large de l'Afrique ont été inculpés devant un tribunal fédéral de Norfolk, en Virginie.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Onze Somaliens accusés d'avoir attaqué des navires de guerre américains au large de l'Afrique ont été inculpés devant un tribunal fédéral de Norfolk, en Virginie.

Interpellés et placés sous détention américaine, les onze hommes avaient été transférés courant avril aux États-Unis pour être présentés à un juge, fait très rare. La plupart des suspects de piratage arrêtés par les Américains sont en général remis aux autorités locales, notamment au gouvernement du Kenya avec lequel les États-Unis avaient un accord.

Cinq d'entre eux ont été inculpés pour l'attaque lourdement armée de la frégate USS Nicholas le 31 mars, au large des Seychelles, afin de voler ce qu'elle contenait, selon des documents de justice révélés vendredi par le ministère.

De source judiciaire, ils devaient comparaître vendredi à 17H00 GMT devant un juge fédéral.

Six autres ont été inculpés d'actes de piraterie contre la frégate Ashland le 10 avril, selon les documents. Leur première comparution devait avoir lieu à 17H30 GMT vendredi.

Les onze Somaliens sont accusés d'avoir «comploté pour gagner de l'argent par la piraterie en haute mer». D'après l'acte d'inculpation, les cinq premiers «ont attaqué un bateau qu'ils prenaient pour un navire de commerce» et qui s'est révélé être le USS Nicholas.

L'acte d'inculpation des six autres ne précise pas s'ils ont commis la même erreur de jugement.

Outre «piraterie», ils ont tous été inculpés d'avoir «illégalement et avec préméditation attaqué par surprise un bateau appartenant à quelqu'un d'autre (...) avec l'intention de le piller et de détrousser ses propriétaires de tout argent, biens et marchandises embarqués à bord».

Ils ont également été inculpés pour utilisation d'«armes dangereuses, en l'occurence des armes à feu, dans le but de blesser» les équipages.

Selon l'acte d'inculpation contre les cinq Somaliens accusés d'avoir attaqué la frégate Nicholas, les hommes avaient quitté la Somalie «dans un bateau adapté à la haute mer tractant deux embarcations plus petites», et contenant fioul et nourriture.

Ils étaient armés notamment d'un lance-roquettes. «Le 31 mars pendant la nuit, (trois des accusés) ont embarqué sur un des esquifs» et tiré par erreur sur le bâtiment militaire.

La marine américaine avait annoncé leur arrestation le 1er avril. Une heure et demie après avoir essuyé les coups de feu, les militaires américains sont montés à l'abordage du petit bateau et ont arrêté les trois hommes. Le Nicholas avait ensuite saisi le «navire mère» et arrêté deux autres personnes.

La frégate Ashland avait été de son côté attaquée par les six suspects également embarqués dans un esquif, dans le golfe d'Aden, avait annoncé la marine américaine à l'époque.

Les pirates de l'océan Indien ont récemment repris de manière exponentielle leurs activités, mettant à profit la fin de la mousson d'hiver et des conditions de navigation plus clémentes pour multiplier les abordages à plusieurs centaines de kilomètres de leurs côtes.

Equipés de fusils mitrailleurs, de GPS et de téléphone satellites, les pirates ont selon les estimations gagné environ 60 millions de dollars en rançons en 2009.