Deux familles ont été massacrées dans la région de Bagdad lundi, une journée marquée par une recrudescence des violences en Irak à deux semaines d'élections législatives cruciales pour un retour à la paix civile, six ans après la chute du régime de Saddam Hussein.

Publié le 22 févr. 2010
Salam Fraraj AGENCE FRANCE-PRESSE

Onze personnes ont également été tuées dans d'autres attentats à travers l'Irak, a indiqué la police.

«Un groupe terroriste a perpétré à 7H00 locales un crime sauvage contre une famille à Al-Wehdah», à 20 km au sud de Bagdad, a indiqué le commandement des opérations de Bagdad dans un communiqué.

«Cette bande a tué huit membres de cette famille, dont six enfants de moins de 12 ans, à l'aide de pistolets munis de silencieux. Les criminels ont même décapité certains d'entre eux», ajoute le communiqué. Il n'était pas possible dans l'immédiat de connaître les raisons de cet acte.

Cette région du sud de Bagdad est une région mixte où se trouvent des villages chiites et sunnites et où Al-Qaeda a régné en maître entre 2005 et 2007, n'hésitant pas à tuer ceux qui osaient lui résister.

En outre, une mère et deux filles (BIEN deux filles) ont été tuées par des inconnus armés qui se sont introduits à leur domicile à Hourriya, dans le nord de la capitale, a indiqué à l'AFP un des frères, Salam al Saadi, 28 ans, ouvrier à la Cité médicale de Bagdad.

«Des hommes masqués sont entrés dans la maison de ma mère dimanche vers 22H00 (19H00 GMT) où se trouvaient en visite deux de mes soeur mariées, l'une de 40 ans et l'autre de 20 ans. Je ne comprends ce massacre nous sommes de pauvres gens et ne sommes liés à aucun parti», a-t-il raconté.

Les murs et le sol de cette modeste maison étaient maculés de sang, a constaté un journaliste de l'AFP. Des voisins interrogés ont indiqué avoir entendu des bruits sourds comme si les tueurs possédaient des silencieux.

Un de ses frères, Hossam, 29 ans, a été tué il y a deux mois par des hommes en arme circulant sur une moto.

À Ramadi, à 100 km à l'ouest de Bagdad, un père et son fils de six ans ainsi qu'un policier ont été tués, et quatre personnes blessées, dont deux policiers, dans un attentat suicide à la voiture piégée au moment où des gens venaient visiter leurs proches détenus dans un poste de police du centre-ville, selon des sources policière et hospitalière.

Enfin, deux policiers et deux soldats ont été tués par des inconnus qui ont ouvert le feu contre deux postes de contrôle où ils étaient en faction dans le sud et le centre de Mossoul, à 350 km au nord de Bagdad.

Dans le centre de Bagdad, un policier a été tué par un franc-tireur alors qu'il contrôlait les voitures Rue Saadoun, selon des sources hospitalière et policière.

Toujours à Bagdad, un professeur d'université détaché au ministère irakien de l'Enseignement supérieur, Thamer Kamel, a été abattu par des hommes armés alors qu'il conduisait sa voiture, a précisé la police.

Dans le nord de l'Irak, des hommes armés ont tué un lieutenant-colonel Kamiran Ali Hassan de la police de Kirkouk qui se trouvait en face de chez lui dans la quartier Askari, dans l'est de cette ville multiethnique, selon la police.

Un homme d'affaires Mohamed Khalaf Ahmad a également été tué par de hommes armés au sud de Kirkouk, selon le général Salhat Kader, directeur de la police locale.

Si le niveau de la violence a baissé considérablement en Irak, les attaques restent tout de même fréquentes, en particulier à Bagdad et à Mossoul.