La Chine a protesté vendredi contre la vente d'armes américaines à Taïwan pour 6,4 milliards de dollars, mettant en garde contre des répercussions «graves» sur les relations américano-chinoises, a dit vendredi à l'AFP un porte-parole de l'ambassade de Chine à Washington.

AGENCE FRANCE-PRESSE

He Yafai, vice-ministre chinois des Affaires étrangères, a fait une démarche officielle en urgence auprès de l'ambassadeur américain à Pékin, Jon Huntsman, tôt samedi matin, soit dans l'après-midi de vendredi à l'heure de Washington, a dit le porte-parole, Wang Baodong.

«La nouvelle initiative américaine pour vendre des armes à Taïwan, qui fait partie intégrante de la Chine, constitue une intervention choquante dans les affaires intérieures chinoises, met gravement en danger la sécurité nationale de la Chine et nuit à ses efforts de réunification pacifique» avec l'île nationaliste, a déclaré le porte-parole, lisant la protestation officielle.

«Le projet américain détériorera sans aucun doute les relations sino-américaines et aura un impact négatif grave sur les échanges et la coopération entre les deux pays dans des domaines majeurs», a-t-il ajouté.

La Chine «exhorte fermement la partie américaine à reconnaître sans équivoque la gravité du problème, à revenir sur ses décisions erronées concernant la ventes d'armes à Taïwan et à mettre fin à toute vente d'armes à Taïwan», a-t-il encore déclaré.

Pékin avait interrompu ses relations militaires avec les États-Unis pendant plus d'un an après la précédente livraison d'armes américaines à Taïwan en octobre 2008.

Les États-Unis ont reconnu la Chine communiste en 1979, cessant du même coup de reconnaître Taïwan, mais une loi votée par le Congrès américain la même année a autorisé les Etats-Unis à vendre à Taïwan des armes défensives.

Le Pentagone a annoncé vendredi que les Etats-Unis allaient vendre à Taïwan des missiles antimissile Patriot, des navires chasseurs de mines sous-marines et des hélicoptères Black Hawk pour un montant de 6,4 milliards de dollars.

Les communistes chinois, qui ont chassé le gouvernement nationaliste du Kuomintang vers Taïwan en 1949, considèrent l'île rebelle comme partie intégrante de la Chine et ont menacé d'intervenir militairement si ce territoire déclarait son indépendance.