Source ID:; App Source:

Mourir de faim ou mourir de la grippe

La plupart des grandes chaînes de restauration de... (Photo: AP)

Agrandir

La plupart des grandes chaînes de restauration de Mexico n'offrent plus qu'un service de nourriture à emporter, comme au café La Habana, qui ne recevait hier que quelques rares clients.

Photo: AP

Nathaëlle Morissette, Envoyée spéciale
La Presse

(Mexico) Mourir de faim ou de la grippe porcine. Voilà le destin qui attend bon nombre de Mexicains si l'ordre de fermer les 35 000 restaurants et cafés de la ville est maintenu, croit Oscar Gonzalez Hernandez, employé chez Ricos Tacos Coapa, un comptoir de tacos situé dans le sud de la ville.

«Je dois m'occuper de ma famille, comment va-t-on vivre si on ferme l'endroit?» demande-t-il tout en ajoutant de la sauce piquante au tacos qu'il s'apprête à dévorer. «Si je ne travaille pas, je vais mourir de faim ou sinon, je mourrai de la grippe porcine, c'est l'un ou l'autre», ajoute-t-il d'un ton alarmiste.

Depuis hier, pour réduire les risques de propagation, les autorités municipales ont ordonné la fermeture des 35 000 restaurants, cafés et bars de la capitale mexicaine. Ainsi, la plupart des grandes chaînes de restauration comme McDonald's, Vips ou Sanborns se sont soumis à l'interdiction et n'offrent maintenant qu'un service de nourriture à emporter. Impossible donc pour les clients de manger aux tables ou même de s'installer sur les terrasses qui sont toutes fermées.

La décision a eu l'effet d'une bombe dans le district fédéral. Hier matin, elle défrayait la manchette des journaux, de la radio et de la télévision. Pour leur part, les comptoirs de tacos, qui sont légion dans les rues de la ville, ont toutefois été épargnés. Mais les employés de ces établissements disent subir les contrecoups de cette nouvelle mesure.

Diminution

La crainte de devoir mettre la clé sous la porte est bien réelle. C'est que la fermeture des restaurants et cafés alimente la peur des habitants de la ville qui n'osent plus sortir manger dans la rue. Résultat : la clientèle des comptoirs à tacos - communément appelés taquerias - a diminué dramatiquement. Forcés de fermer de plus en plus tôt en raison du peu d'achalandage, certains employés appréhendent la fermeture de leur lieu de travail. Une réalité surprenante puisque les tacos sont aux Mexicains ce que la baguette est au Français.

«C'est impossible pour moi d'arrêter de travailler», affirme Maria Peralta Sanchez, également employé chez Ricos Tacos Coapa. «Sinon, avec quoi je vais vivre?», poursuit la dame tout en faisant griller des morceaux de poulet et d'oignon.

Lors du passage de La Presse hier matin, les six petites chaises disposées au comptoir de l'établissement étaient vides. Selon les deux employés, la clientèle a diminué de près de 70% au cours des derniers jours. Un phénomène qui les oblige à fermer une ou deux heures plus tôt qu'à l'habitude.

À quelques rues de là, sur l'avenue de Las Bombas, Janvier Garcia Tellez, alias el Vaquero (l'homme qui s'occupe des boeufs), ressent les mêmes craintes. Véritable institution dans ce quartier du sud de la ville, son commerce, spécialisé dans les tacos de boeuf, est de moins en moins fréquenté, confie l'homme au chapeau de cowboy.

Devant cette situation, M. Garcia Tellez qui possède son commerce depuis 16 ans, a décidé de fermer pendant quelques jours. «Nous allons faire un peu de ménage et après, on verra», dit-il d'un ton résigné. Il ne cache pas son inquiétude face aux conséquences de toute cette crise. «Si je dois fermer, comment je vais faire pour manger?»

Pour le moment toutefois, il tente d'adopter une attitude positive. «Nous sommes préoccupés, mais la vie continue. Ça ne sert à rien d'être déprimé.»




la boite: 1600127:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer