Le président américain Barack Obama est favorable au développement des capacités de défense de l'Union européenne, l'une des priorités de la France, a assuré le secrétaire général de l'Otan Jaap De Hoop Scheffer dans un entretien au quotidien français La Croix de lundi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«L'administration du président Obama soutient pleinement le développement, au sein de l'Union européenne, de la dimension sécurité et défense», a déclaré Jaap De Hoop Scheffer, qui a été reçu le 25 mars à Washington par le président américain.

«Une Union européenne forte est dans l'intérêt de l'Otan et, comme je l'ai dit au président Obama, dans l'intérêt des États-Unis. Mais c'est aux Européens de développer leur politique de sécurité et de défense», a ajouté le responsable de l'Otan.

«Pour donner un exemple, ce sera plus facile, avec la France pleinement engagée dans l'Otan, de discuter de la Force de réaction rapide (NRF) de l'Otan et des groupements tactiques de l'Union européenne, parce que ce sont à peu près les mêmes soldats», a-t-il précisé.

Le président français Nicolas Sarkozy a officialisé le 11 mars le retour complet de la France dans la structure militaire de l'Alliance atlantique, estimant que cette réintégration pourrait servir le développement de la défense européenne, une des priorités de Paris depuis de longues années.

La France avait quitté le commandement militaire de l'Otan en 1966, à la suite d'une décision du général Charles de Gaulle.

A quelques jours d'un sommet de l'Otan, les 2 et 3 avril à Strasbourg et Kehl, Jaap De Hoop Scheffer a assuré que l'Alliance ne voulait pas être «le gendarme du monde».

«L'Otan n'a ni l'ambition, ni l'argent pour cela et le consensus ne se fera jamais là-dessus en son sein», a-t-il dit.

«Depuis quelque temps, l'Otan a développé un caractère expéditionnaire, à la demande du Conseil de sécurité de l'ONU, au Kosovo, en Irak, pour une mission de formation, et en Afghanistan», a-t-il cependant rappelé.

Le périmètre et la nature des missions de l'Otan seront au centre d'une discussion à Strasbourg/Kehl sur le «concept stratégique» de l'Alliance.