Victime de la crise des médias, le plus vieux journal du Colorado a fermé boutique vendredi après 150 ans d'existence. La Société américaine des éditeurs de journaux a d'ailleurs annulé son congrès annuel prévu pour avril à Chicago, afin que ses adhérents consacrent leur argent à leur survie.

Mis à jour le 27 févr. 2009
Catherine Tsai ASSOCIATED PRESS

The Rocky Mountain News, une institution à Denver depuis 1859, a publié sa dernière édition vendredi, à deux mois de son 150e anniversaire, avec un numéro spécial de 52 pages portant un «Goodbye, Colorado» en Une. Le quotidien employait 230 personnes pour la rédaction et avait couvert aussi bien la Guerre de Sécession (1861-1865) que le massacre du lycée de Columbine en 1999.

Le groupe E.W. Scripps, propriétaire du journal, a déclaré jeudi que le titre avait perdu 16 millions $ US en 2008 et n'avait pas réussi à trouver un repreneur valable depuis l'annonce de sa mise en vente le 4 décembre. Le Denver Post reste le seul quotidien de la ville.

Le Rocky Mountain News est le plus gros journal victime de la récession, qui a accentué les effets de la migration de la publicité vers Internet.

Quatre groupes possédant 33 quotidiens américains se sont placés sous la protection de la loi contre les faillites depuis deux mois et demi, et d'autres titres sont à vendre.

Dans ce contexte, la Société américaine des éditeurs de journaux a annoncé vendredi l'annulation de son congrès annuel, qui devait se dérouler du 26 au 29 avril à Chicago. Le congrès annuel n'avait été annulé qu'une fois par le passé, dans les derniers mois de la Deuxième Guerre mondiale en 1945. Le congrès 2010 à Washington reste en revanche programmé.