Le numéro deux du mouvement chiite Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a indiqué que son mouvement était «prêt» à l'éventualité d'une confrontation avec Israël, soulignant toutefois que les Israéliens n'avaient pas «intérêt à une nouvelle guerre avec le Liban».

Mis à jour le 27 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le responsable du mouvement islamiste libanais a une nouvelle fois démenti l'implication du Hezbollah dans les récents tirs de roquettes à partir du Liban vers Israël, affirmant que «les circonstances actuelles ne le justifiaient pas», dans un entretien publié sur le site internet du journal français Le Figaro.

Israël a bombardé à l'artillerie le 21 février la région d'el-Qlailé, dans le sud du Liban, en représailles à des tirs de roquettes sur l'Etat hébreu à partir du territoire libanais, ravivant les tensions dans cette région frontalière.

«Nous avons promis une riposte» à la mort d'Imad Moghniyé, l'un des chefs du Hezbollah, assassiné à Damas en 2008. «C'est notre droit. Cela ne justifierait en rien qu'Israël déclare une nouvelle guerre», a-t-il affirmé, répétant que le Hezbollah considèrait le Mossad (contre-espionnage israélien) comme l'auteur du meurtre de Moughnieh.

«En tout cas, Israël n'a pas besoin de justification pour déclencher les hostilités. Soit il considérera que c'est dans son intérêt politique de faire la guerre, et nous sommes prêts à une telle éventualité. Soit il encaissera le coup sans réagir», a-t-il estimé.

«Je ne crois pas que dans les circonstances actuelles Israël ait intérêt à une nouvelle guerre avec le Liban. L'offensive sur Gaza a montré que son armée n'a pas tiré les leçons de la guerre de 2006. Il reste incapable de transformer sa puissance militaire en succès politique», a-t-il poursuivi.

L'Etat hébreu a mené une guerre en 2006 contre le Hezbollah après l'enlèvement de deux de ses soldats.

Le Hezbollah, soutenu par la Syrie et l'Iran, et ses alliés ont un droit de veto sur les décisions importantes de l'actuel gouvernement d'union nationale libanais, formé en juillet 2008 après une crise politique qui avait dégénéré en violences entre partisans des deux blocs.