Le président américain George Bush est arrivé vendredi à Lima, transformée en place forte à la veille du 16e sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) auquel participent ce week-end notamment les présidents russe Dmitri Medvedev et chinois Hu Jintao.

Gilles Bertin AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Bush, dont c'est le dernier sommet de l'Apec avant la fin de son mandat en janvier, a rencontré dans la soirée le président Hu Jintao. Les deux dirigeants ont conversé sur des mesures destinées à accelerer le processus de dénucléarisation de la Corée du nord, a annoncé la Maison Blanche.

«Les dirigeants ont discuté de l'importance de formaliser la vérification du protocole des négociations à six, qui conduira éventuellement à une péninsule dénucléarisée» a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino.

M. Bush aura aussi des entretiens avec son homologue russe et le Premier ministre japonais Taro Aso.

Un millier de manifestants ont défilé vendredi dans le centre de Lima aux sons des tambours et des flûtes andines à l'appel du syndicat de gauche CGTP pour protester contre la présence du président américain au Pérou, l'accusant d'être à l'origine de la crise économique actuelle.

«Bush dehors», «criminel de guerre», criaient les manifestants contenus par d'importantes forces de police.

Brandissant des photos de «Che» Guevara et agitant des drapeaux rouges, ils ont réclamé un «procès populaire» pour son «attitude guerrière».

«C'est une réunion, où nous, les pauvres, n'avons aucune place», a lancé Dionisio Gamez, un ouvrier du textile.

Après son arrivée à Lima, le président Hu a rencontré vendredi un émissaire taïwanais. Il s'agissait de la réunion de plus haut niveau à l'étranger entre Chinois depuis la séparation en 1949 de la Chine communiste et de Taïwan, selon les deux parties.

L'entretien de M. Hu avec l'ancien dirigeant Lien Chan, président honoraire du parti nationaliste taïwanais Kuomintang, s'est déroulé durant 40 minutes dans un hôtel de la capitale péruvienne, a constaté un journaliste de l'AFP.

Environ 100.000 hommes, policiers et militaires, sont mobilisés sur l'ensemble du territoire pour faire face à d'éventuelles manifestations ou attaques terroristes.

Trois anneaux de sécurité ont été établis autour du «Pentagonito» (le petit Pentagone), le quartier général de l'armée, un ancien centre de tortures sous la présidence d'Alberto Fujimori (1990-2000) où aura lieu le sommet.

Les dirigeants de l'Apec devraient lancer un appel en faveur de l'ouverture des marchés malgré la crise économique et pour un front commun contre toute tentation de protectionnisme.

M. Bush, qui passera le pouvoir à son successeur démocrate Barack Obama en janvier, souhaite le soutien de l'Apec aux positions du G20.

Le sommet devrait aborder, outre la crise financière et la libéralisation du commerce, la coopération en matière de sécurité (anti-terrorisme), de sécurité alimentaire, de défense de l'environnement et le changement climatique.

L'Apec, forum dédié depuis sa création en 1989 à la promotion du libre-échange, compte 21 membres (Australie, Brunei, Canada, Chili, Chine, Etats-Unis, Indonésie, Japon, Hong Kong, Corée du Sud, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Papouasie Nouvelle-Guinée, Pérou, Philippines, Russie, Singapour, Taïwan, Thaïlande et Vietnam).

Il rassemblent 41% de la population mondiale, soit 2,6 milliards de personnes, et représente 61% du Produit intérieur brut (PIB) et 47% du commerce de la planète.