Le candidat républicain à la Maison-Blanche John McCain tente d'occuper le terrain pendant la tournée au Proche-Orient de son adversaire démocrate Barack Obama, en visitant une série d'États jugés cruciaux pour la présidentielle de novembre.

Mis à jour le 21 juill. 2008
Alain Jean-Robert

Le sénateur de l'Arizona devait participer lundi en début d'après-midi à une réunion dans le Maine (nord-est) et a prévu de se rendre d'ici la fin de la semaine dans le Colorado (ouest), le New Hampshire (nord-est), l'Ohio (nord) et la Pennsylvanie (est) pour défendre son programme économique, énergétique et social. M. McCain était dans le Michigan (nord), un autre État clef, vendredi.

La situation économique demeure le principal sujet de préoccupation des électeurs américains et aucun candidat n'a réussi jusqu'à présent à prendre un avantage décisif sur son adversaire dans ce domaine. M. McCain veut profiter de cette brèche. «Peu importe que M. McCain ne réussisse pas à convaincre de la justesse de ses propositions économiques au niveau national. Ce qui compte c'est qu'il réussisse à convaincre dans le Michigan, l'Ohio et la Pennsylvanie», estime Neil Newhouse, un expert républicain des questions électorales.

L'Ohio, un État durement frappé par la crise économique, avait choisi George W. Bush en 2004 et privé ainsi le démocrate John Kerry de la Maison-Blanche.

Soucieux d'apparaître comme proche des gens ordinaires, M. McCain a prévu de tenir des réunions dans des épiceries ou des quincailleries.

Interrogé lundi sur NBC, M. McCain a assuré avoir une «bien plus grande expérience» que son adversaire sur le terrain économique. Invité de CBS, le sénateur de l'Arizona a expliqué que «la première priorité du président (des États-Unis) est d'assurer la sécurité des citoyens américains». «Mais, a-t-il ajouté, l'économie fait énormément souffrir les Américains» et les soulager sera une «de ses principales priorités» en tant que président.

M. McCain entend ainsi boucler l'affaire Phil Gramm. Un des principaux conseillers économiques de M. McCain et vice-président de son équipe de campagne, M. Gramm avait qualifié il y a une dizaine de jours les États-Unis de «nation de pleurnichards» et affirmé que si récession il y avait c'était une «récession mentale». Devant le tollé provoqué par ces déclarations, M. Gramm a quitté l'équipe de M. McCain vendredi.

Reste que malgré tous ses efforts, M. McCain a du mal à se faire entendre. La visite de M. Obama à Kaboul et à Bagdad faisait largement la Une de tous les journaux lundi. Invité des émissions d'information matinales de toutes les grandes chaînes télévisées, M. McCain a surtout été interrogé sur la visite de son adversaire démocrate en Afghanistan et en Irak. Interrogé sur ABC pour savoir s'il trouvait que la couverture médiatique était disproportionnée, M. McCain a ri nerveusement avant de dire que c'était aux Américains de le dire.

Agacé ou fatigué, le sénateur de l'Arizona a fait un lapsus un peu plus tard parlant de «la situation à la frontière irako-pakistanaise» alors que l'Irak et le Pakistan n'ont pas de frontière commune.

Après une visite en Afghanistan, au Koweït et en Irak, M. Obama était attendu lundi en Jordanie avant de se rendre en Israël et dans trois pays européens.