Deux parlementaires de la gauche allemande ont appelé lundi le candidat démocrate à la Maison-Blanche Barack Obama à mettre un terme, s'il est élu président, aux détentions secrètes de terroristes présumés.

Mis à jour le 21 juill. 2008

Norman Päch et Alexander Ulrich ont appelé M. Obama, lors de sa visite en Allemagne jeudi, «à faire savoir, s'il est élu, s'il renoncera aux détentions secrètes dans l'intérêt des droits de l'Homme», selon le texte d'une lettre ouverte à paraître mardi dans le quotidien Neues Deutschland.

M. Päch est le chef de file du parti Die Linke (gauche radicale) à la commission parlementaire chargée depuis deux ans d'enquêter sur les complicités éventuelles du gouvernement allemand dans les transfèrements secrets par la CIA de personnes soupçonnées de terrorisme.

Les organisations de défense des droits de l'Homme ont critiqué plusieurs gouvernements européens, dont l'Allemagne, coupables selon elles, de complicité dans les détentions secrètes opérées par les États-Unis dans le cadre de la lutte anti-terroriste après les attaques du 11 septembre 2001, ainsi que dans le transfèrement de suspects vers des pays où ils ont pu être torturés.

MM. Päch et Ulrich ont appelé M. Obama à dénoncer ces pratiques lors d'un grand discours public qu'il doit prononcer jeudi soir à Berlin.

Par ailleurs, un député social-démocrate, Niels Annen, cité par l'édition en ligne du magazine Spiegel, a averti M. Obama qu'il ne devrait pas demander de contribution militaire supplémentaire à l'Allemagne pour l'Afghanistan.

Berlin a déjà prévu, à partir de l'automne, d'augmenter de 3000 à 4500 le nombre de ses soldats déployés en Afghanistan au sein de force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN.

M. Obama, qui vient de se rendre en Afghanistan, a toutefois estimé que les États-Unis devaient immédiatement augmenter le nombre de leurs soldats dans ce pays, et l'OTAN réclame également des renforts.

La situation en Afghanistan et en Irak sera au menu des entretiens jeudi de M. Obama avec la chancelière Angela Merkel, selon Berlin.