La présidente argentine Cristina Kirchner a nommé mercredi Sergio Massa, homme de confiance du couple présidentiel argentin, nouveau chef du gouvernement après la démission d'Alberto Fernandez en poste depuis 2003, a annoncé l'agence officielle argentine Telam.

Mis à jour le 23 juill. 2008

La démission de M. Fernandez, homme clé du gouvernement maintenu à son poste en décembre 2007 par Mme Kirchner après son investiture à la tête de l'État, est intervenue quelques jours après la sévère défaite parlementaire subie par le gouvernement au terme de 130 jours de conflit avec les agriculteurs.

«Alberto Fernandez a pris la décision de laisser le champ libre à la présidente pour qu'elle puisse choisir son équipe en totale liberté», a indiqué à l'AFP une source proche de l'ex-chef du gouvernement.

La présidente n'a pris que quelques heures pour nommer un nouveau chef du cabinet en la personne de Sergio Massa, 36 ans, maire de Tigre, une des localités importantes de la banlieue nord de Buenos Aires, depuis 2007.

M. Massa avait auparavant été directeur de l'Anses, organisme public de sécurité sociale, où sa gestion entre 2002 et 2007 avait été reconnue. Nommé à cette fonction par l'ex-président Eduardo Duhalde, il avait été maintenu à son poste par Nestor Kirchner à son arrivée à la présidence en 2003.

Le secrétaire d'État à l'Agriculture, Javier de Urquiza, également démissionnaire, a de son côté été remplacé mercredi par Carlos Cheppi, un technicien jouissant également de la confiance des Kirchner.

Mme Kirchner avait subi jeudi dernier son premier revers politique d'importance à la suite d'un vote au Sénat remporté par l'oposition, sur un projet de loi controversé de hausse des taxes sur les exportations agroalimentaires qui représentent plus de la moitié du total des exportations argentines.

Ce vote, qui a contraint le gouvernement à retirer son texte pour lequel il s'était pourtant battu avec acharnement, est intervenu après 130 jours d'une crise sans précédent entre le gouvernement et le monde rural, entré en rébellion à la suite de ce projet de hausses des taxes.