J'ai 71 ans, je suis née le 5 avril 1940 à L'Aide à la Femme.
À l'âge de 18 mois, j'ai été placée dans un foyer chez Monsieur et Madame Gagné.
Ces personnes ont été enchantées par moi - selon l'histoire de mes parents adoptifs.
Je fus placée le 17 septembre 1942 à l'âge de 28 mois. En 1960, j'ai épousé l'homme de ma vie, le 17 septembre 1960. Drôle de coïncidence.
Je fus une enfant adulée de tous. J'ai grandi dans un foyer où la paix et le bonheur régnaient. Ma quête identitaire a commencé après le décès de mes parents adoptifs. Mon entourage m'a conseillé de faire les démarches nécessaires pour retracer mes origines. Je commençai donc mon combat en 1996. J'avais 56 ans et je venais d'être opérée pour une hystérectomie pendant laquelle j'ai failli mourir. À la suite de cette opération, connaître mes origines est devenu une priorité dans ma vie. J'ai cru que tout se passerait facilement et que j'aurais les informations que j'attendais. Malheureusement, je rêvais en couleur.
Connaître ses origines au Québec est «tabou», on n'y a pas droit si sa mère est décédée. Les informations que nous recevons du centre jeunesse sont anonymes. Il nous est donc impossible de faire des vérifications parce que nous n'avons aucun nom. Nous devons croire les informations que nous recevons... ce qui représente selon moi de la discrimination. Le Québec est la seule province à refuser de dévoiler le nom de notre mère après son décès.
Mon rêve est de connaître le NOM de la femme qui m'a donné la vie avant de mourir. À 71 ans, bientôt 72 ans, je crois que je mérite de savoir ma vérité.