Ce projet sur les mots d'espoir m'interpelle. J'y vois une possibilité d'exprimer ce qui me préoccupe depuis mes débuts dans l'enseignement, il y a 25 ans. J'ai écrit « Je veux que mes élèves apprennent avec sérénité », car mon souhait, c'est que tous mes élèves puissent apprendre dans un climat de sérénité, une atmosphère propice à l'étude qui favorise l'épanouissement personnel. Ce souhait oriente mes interventions en classe. On parle souvent de violence, de cyberintimidation, de pouvoir de force; on parle moins souvent des discrètes petites pointes lancées au fil des jours que les élèves se disent comme ça sans vraiment réaliser le mal-être insidieux qu'elles provoquent. Des «Ta gueule» qui se veulent amicaux, des «C'est gai» qui décrivent toute situation inhabituelle, des soupirs impatients qui découragent le timide qui peine à s'exprimer. Les remarques désobligeantes sont souvent lancées sans avertissement. Comment les prévenir alors? Encore cette semaine, en entrant en classe, un élève s'est approché du pupitre d'un autre et a jeté son sac d'école par terre. Pourquoi? Juste comme ça. Pour rire. Rire de quoi? Avec qui?
Pourquoi prendre une photo avec ce groupe en particulier? Je sentais un pressant besoin de créer un lien de confiance avec ces élèves. L'idée de les faire réfléchir sur l'intimidation a été efficace. J'ai réussi, je crois, à rendre mes élèves complices d'une réflexion depuis que mes mots d'espoir sont entrés dans leur quotidien. Ce projet rassembleur, une simple photo, a permis un échange intéressant et un rapprochement que je croyais impossibles au départ. Merci!