En 2008, après une affectation de trois ans au Burkina Faso en tant que gestionnaire de projet en coopération internationale et à quelques jours d'une mission de faisabilité de projet au Niger en octobre 2008 et à la suite d'une consultation médicale pour un dosage de médicament contre le paludisme, j'ai appris avec stupeur que j'avais une leucémie. Après, l'hématologue de l'hôpital de Châteauguay m'a annoncé que je devais être transféré à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont afin qu'une investigation plus poussée soit entreprise.
Quelques jours après, les hématologues m'ont annoncé que j'avais une leucémie myéloïde aigüe (LMA) et que compte tenu de l'ampleur, seule une greffe de la moelle osseuse pouvait me guérir. En mars 2009, les médecins m'ont annoncé qu'ils avaient trouvé un donneur non apparenté et compatible. Dans le délai prescrit, je suis rentré à l'hôpital pour recevoir ce précieux don de vie. Une semaine avant de recevoir le greffon, le donneur s'est désisté pour des raisons personnelles. La déception fut totale pour moi et mes médecins et un long processus de chimiothérapie a dû être mis en place rapidement pour compenser et par chance, le processus de destruction de ma moelle n'avait pas été amorcé. En mai, on m'a annoncé qu'un nouveau donneur avait été trouvé et finalement, j'ai pu recevoir cette greffe.
Recevoir un greffon d'un donneur non apparenté n'est pas sans risque. Il peut s'accompagner de la « maladie du greffon contre l'hôte » qui est une complication grave. Elle est provoquée par les cellules du donneur qui vont attaquer mon organisme et étant incapable de les rejeter du fait de l'immunodépression induite avant la greffe (conditionnement de mon organisme par la suppression de sa mémoire immunitaire). Dans mon cas, les cellules du donneur ont attaqué mon tube digestif et mes poumons, et ce, quelques mois après la greffe et depuis, j'ai dû combattre ces attaques qui sont très douloureuses avec une impressionnante pharmacothérapie.
En septembre dernier, j'ai fait une importante hémorragie interne qui a nécessité mon passage aux soins intensifs. Les complications furent telles qu'il y a une nuit, ma vie a été en danger. À mon réveil, j'avais perdu l'usage d'une jambe, mais par chance, ce n'était que physiologique. Après avoir stabilisé mon état de santé, mes hématologues m'ont transféré à un centre de rééducation afin que je réapprenne à marcher.
Les trois premières semaines d'un programme de six semaines, tout se passait bien jusqu'à un mardi matin. Ce mardi matin, je me suis réveillé avec une sévère pneumonie faute d'un système immunitaire efficace. Presque trois semaines d'antibiotiques ont été nécessaires pour enrayer cette pneumonie et nul besoin de vous dire que le programme de traitement physiothérapie a été suspendu.
Maintenant que ma pneumonie est guérie, il faut me trouver une nouvelle place dans un hôpital de réadaptation. Je dois reprendre presque la totalité des étapes de mon programme de physiothérapie de six semaines et nous sommes à la fin du mois de novembre.
J'ai déjà manqué un repas de Noël et ce ne fut pour personne un joyeux Noël. Donc, ce Noël, je veux prendre mon repas de Noël et être avec les membres de ma famille et mes amis.