Je répugne les amours confortables, tièdes et quotidiennes, ce pain de ménage insipide et indigeste dans lequel, on excusera ma prétention, trop de gens communient.
En fait, même si je détourne le regard, je suis vaguement envieuse. Est-ce la représentation d'un contentement facile, d'un cœur qui s'enflamme pour l'ordinaire, d'un sentiment clair et limpide que je trouve âpre à regarder, parce qu'exclue du mécanisme ?
Si certains disent qu'il faut savoir donner du temps au temps, je constate au fil des jours que le temps n'est plus à se faire attendre, mais à s'accélérer pour que l'on puisse mieux le pourchasser, grand coupable de tous nos ratés et de combien de nos manques. Le cœur qui prend des longueurs avant d'aimer, je crains que ce ne soit pas trop valorisé. Un écueil de plus au sein d'un parcours jalonné d'attentes, d'espérances et de solitudes dans ce qu'elles ont d'universel.
Si l'amour est un territoire inexpliqué, gavé d'irrationalité qui le rend si magique, je crains que toutes mes démarches pour forcer sa rencontre ne se traduisent par un simple attendrissement. Quand les cieux me sont favorables, l'amour a les auspices d'un sentiment vaguement érotique et toujours admiratif. Quand les cieux sont plus cruels, je ne vois pas quoi faire d'autre qu'attendre une embellie.