Janvier 2010. Je reviens d'une réunion à Montréal. Soudainement, je réalise que mon sein droit est coloré et douloureux. Un examen m'apprend qu'il s'agit d'un cancer invasif. Traitement : trois séances de chimio, opération suivie de trois autres chimio. La première chimio, après l'opération m'expédie à l'hôpital pour deux mois et demi. Je ne mange plus, on doit me gaver. Je ne marche plus, je devrai réapprendre à l'aide de marchettes, cannes et soutien. J'ai des douleurs sans nom dans mon bras droit. Je quitte l'hôpital affaiblie, misérable. J'ai 80 ans, je compte reprendre mon travail d'écriture peu à peu, la chimio m'a enlevé mon énergie. Je rêve qu'on découvre un autre traitement, je sais que la chimio est importante pour toutes les formes de cancer, mais pour moi, la chimio, c'est fini.
Il y a des coûts reliés au cancer : nombreux médicaments, sein de remplacement, transport à l'hôpital pour les traitements de radiothérapie, sans compter les incidents en cours de route, les nombreux examens, etc., etc. Je suis inquiète pour celles qui n'ont pas de grands moyens financiers, pour celles qui n'ont pas de soutien à la maison et pour toutes les femmes si jeunes rencontrées tout au long de mes démarches.