Mon nom est Marie-Andrée Aubut, née le 26 mars 1939, à l'Hôpital de la Miséricorde de Montréal, et adoptée seulement à l'âge de 4 ans, car ma mère naturelle n'avait pas signé le formulaire d'adoption. À 6 ans, j'ai appris que j'étais une enfant adoptée. C'est à partir de ce moment qu'a germé le désir de retrouver ma mère.
Devenue adulte, j'ai entrepris mes recherches qui ont duré 40 ans. La travailleuse sociale a informé ma mère biologique au sujet de ma demande, qu'elle a refusée. Ma mère biologique a transmis des détails sur sa famille à la travailleuse sociale sans l'obliger à garder le silence. Quelques années plus tard, ma mère biologique est décédée. À la suite de ce refus, j'ai eu beaucoup de peine et de chagrin, mais je me suis ressaisie, j'ai poussé les recherches plus loin et j'ai fait la connaissance de tous les membres de ma famille : une sœur, une nièce, un petit-neveu, une petite-nièce et la parenté. Ce fut un accueil très chaleureux. Je les revois assez souvent et c'est toujours agréable.
Ces retrouvailles m'ont enlevé un poids énorme, c'est surtout la paix du cœur que j'ai retrouvée. À cause de la loi, on ne peut pas me confirmer que J. T. est ma mère biologique. Ça fait ombrage à ma joie.
Au nom de tous ceux et celles qui cherchent leurs origines, je revendique le droit de savoir. C'est essentiel, c'est très important de savoir d'où l'on vient.
Aux membres du gouvernement, je fais appel à votre sens de la justice et de la compassion envers nous, pour changer cette loi, car elle nous prive de connaître notre identité.
Merci, monsieur le premier ministre, ministres et députés, pour l'attention que vous porterez à ce cri du cœur des gens qui ont une histoire sans début.